5/10Wadlow

/ Critique - écrit par athanagor, le 25/04/2010
Notre verdict : 5/10 - Una storia (Ecrivez votre critique)

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Bec et Sure proposent ici la mise en image de l'existence de l'homme le plus grand du monde et, au final, c'est un peu long.

Robert Pershing Wadlow détient le record de l'homme le plus grand ayant foulé la surface de la terre, avec une taille de 2,72 mètres. Mort à l'âge de 22 ans des suites d'une infection provoquée par un appareil orthopédique, il aura finalement vécu la courte vie d'un être dont la particularité physique en faisait un phénomène, qui lui permit de voyager d'un bout à l'autre des Etats-Unis, pour y laisser partout le souvenir d'un gentil géant,
extrêmement sensible et intelligent.

C'est la vie de cet homme qu'a choisi de raconter Christophe Bec, impressionné lui aussi par une photographie du bonhomme sur laquelle il tomba dans son jeune âge. Le projet de cette BD l'a longtemps travaillé et a failli être abandonné car, tout bien considéré, l'existence de Wadlow fut courte et assez peu intéressante. Puis Bec, tenace, a décidé de compiler les événements marquant de sa vie pour tenter d'en dégager un canevas suffisamment cohérent pour montrer qu'un tel homme ne pouvait pas être ennuyant.

Mais c'est pourtant malheureusement le cas. La succession chronologique des tranches de vie du bonhomme, mettant en scène ses parents et ses proches, ses diverses rencontres et les anecdotes notables qu'il connut, donne parfois une impression d'inutilité. Ainsi de ce passage où son père se débarrasse d'une guêpe entrée dans sa chemise alors qu'il conduit la voiture familiale. C'est tout (?). Ainsi, beaucoup de passages ne semblent être là que pour peupler le nombre idoine de pages et amener au seul point à peu près intéressant,
à savoir la controverse scientifique née autour du personnage, dans cette période où même la science n'était pas très scientifique.

Une analogie est également tentée avec d'immenses dinosaures herbivores, victimes d'autres, plus petits, plus méchants et carnivores. Il semblerait que leur taille démesurée empêchait le signal nerveux d'arriver jusqu'à leurs cerveaux avant que les prédateurs aient commencé à sérieusement les dévorer, en commençant par les pattes. Même si le Wadlow de la BD meurt d'une infection de ses pieds, qu'il semble ne pas sentir (l'infection, pas ses pieds), que l'auteur rattache à son image préhistorique par le biais d'une vision chamanique, l'analogie s'arrête là. Car, hormis quelques scientifiques véreux, le monde ne démontre à son égard, au mieux qu'une franche sympathie et au pire qu'une curiosité amusée.

En regard de l'intérêt relatif de l'histoire on retrouve avec un certain plaisir le trait de Nicolas Sure, qu'on appréciait déjà sur Neverland (et, déjà, à défaut du reste). Son trait est bien le seul élément qui pousse le lecteur à pousser jusqu'à la page suivante, pour voir encore ce mélange de perspectives détaillées, des postures sur le vif et de proportions au cordeau, le tout servant à soutenir des faces caricaturales.

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