5/10Voyageur - Futur Tome 1

/ Critique - écrit par iscarioth, le 23/04/2007
Notre verdict : 5/10 - Un coup dans l'eau (Ecrivez votre critique)

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Voyageur s'annonce être une série de SF habituelle, vraiment sans surprises, rabâchant les gimmicks du genre jusqu'à l'ennui.

Les éditions Glénat tentent un gros coup. Il y a quelques années, la maison était la meilleure. Catalogue fertile, chiffre d'affaire florissant. Aujourd'hui, Glénat survit péniblement, merci Titeuf. Histoire de lancer une seconde locomotive, Glénat mise gros sur un tout nouveau projet d'ampleur : Voyageur. Vous avez pu aperçevoir les affiches publicitaires dans les gares et métros, effort assez rare lorsque l'on essaye de vendre le « produit BD ».

Et le projet est d'ampleur. Les dix tomes du Décalogue de Giroud font presque pâle figure en comparaison. Voyageur est une série de science fiction, en treize tomes : quatre pour chaque période ; passé, présent et futur, ainsi qu'un dernier et ultime album de conclusion. « Forts de leur complicité depuis la série La Croix de Cazenac qui les a réunis pour la première fois, Pierre Boisserie et Eric Stalner ont conçu ce projet titanesque et, il faut bien le dire, un peu fou » nous explique fièrement le communiqué de presse. Un autre nom de prestige est apposé sur la couverture, celui de Juanjo Guarnido. Mais ne vous y trompez pas. Le célébrissime dessinateur de Blacksad est affiché sur la couverture comme un effet publicitaire : il ne dessinera que le dernier tome de Voyageur... Si ce dernier tome parait un jour...

Il faudrait pour cela que le succès soit au rendez-vous. D'un point de vue critique, pour notre part, c'est plutôt manqué. Voyageur s'annonce être une série de SF habituelle, vraiment sans surprises, rabâchant les gimmicks du genre jusqu'à l'ennui. En vrac, on citera les gamins prédestinés, le voyageur temporel, la société ultra contrôlée, la marginalisation et, pour conclure, la trépidante et humoristique scène d'action. Du début à la fin, nous nous trouvons en terrain parfaitement balisé. L'univers graphique sent lui aussi terriblement le déjà-vu : une espèce de rétro-futur un peu kitsch (des uniformes à la Star Trek, une ville et des autochtones à la Waterworld ainsi que quelques gadgets et bâtiments qui rappellent Demolition man : des références peu flatteuses). Eric Stalner nous avait très fortement impressionné avec La liste 66 : un dessin très mature, un style affirmé. Ici, l'album est réalisé comme un travail de commande qu'on dirait bâclé. On reconnaît bien la patte de Stalner, mais les planches se font plus grossières et approximatives, avec des visages statiques qui n'appellent jamais au charisme. La déception est un peu la même qu'avec Christophe Bec, qui nous avait donné à lire l'infâmant Temps des loups juste après l'excellent Bunker.

Prenons les paris : Voyageur connaîtra-t-il la conclusion qu'on lui annonce ? L'ambitieux communiqué nous prédit le dernier tome pour 2011. D'ici là, on aura connu un nouveau quinquennat et de nombreux tremblements auront très certainement touché le petit monde incertain de la bande dessinée.

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