8/10Voyage en Satanie

/ Critique - écrit par riffhifi, le 04/09/2011
Notre verdict : 8/10 - Six pieds sous terre (Ecrivez votre critique)

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Après Jolies Ténèbres, l’association Vehlmann-Kerascoët fait de nouveau des étincelles. Partis en mission de sauvetage au centre de la Terre, Charlotte et l’abbé Montsouris trouveront-ils l’enfer ?...

En 2009, Jolies Ténèbres caracolait en tête du top 20 des rédacteurs Krinein. Ecrit par le scénariste superstar16975-voyage-satanie-1.jpg Fabien Vehlmann (Seuls, Spirou) et mis en images par le couple Kerascoët (Marie Pommepuy et Sébastien Cosset), l’album distillait un irrésistible mélange de poésie et de cruauté, qui lui donnait une saveur toute particulière. Cette année, l’équipe se reforme en troquant Dupuis pour Dargaud, et livre la première partie d’un diptyque intitulé Voyage en Satanie.

L’abbé Montsouris, spéléologue averti, s’inquiète de la témérité des membres de l’équipe avec laquelle il explore les sous-sols de la Terre. Ces derniers, menés par une jeune rouquine effrontée appelée Charlotte, sont à la recherche de son frère Constantin, disparu au cours de sa quête folle : prouver que l’Enfer existe bel et bien sous nos pieds…

Visuellement, on est en territoire connu : les petites mains à l’œuvre derrière Miss pas Touche ont un style reconnaissable, à base de petits traits dans la lignée indirecte de Sempé, qui confère à leur personnage un aspect aussi "mignon" que rétro. On note également leur art consommé de la mise en couleurs : des gris-verts discrets du début, on évolue 16975-voyage-satanie-2.jpgprogressivement jusqu’à l’intensité d’une séquence où se battent les trois couleurs primaires, avant de basculer dans un environnement aux décors désaturés… on voyage !

Du côté du scénario, on lorgne bien entendu sur Jules Verne : outre la parenté visible qui existe entre le sujet et celui de Voyage au centre de la Terre, on retrouve le goût de constituer une galerie de personnages hétéroclite dont les caractères antagonistes reflètent le mariage du réaliste et du mystique. L’abbé, barbu ronchon mais progressiste, et ‘Charlie’ la gamine dynamique aux taches de rousseur, sont ainsi accompagnés de l’éditeur Lavergne et du Breton bigot Le Goff. Autant dire que les considérations culturelles, les convictions religieuses et la curiosité scientifique se télescopent à mesure que les protagonistes découvrent les entrailles de la planète.

Mais ce qu’on retient au final, c’est essentiellement la poésie de l’ensemble, comparable à celle de Jolies ténèbres bien qu’inscrite dans une narration plus "classique". Vehlmann n’oublie pas de terminer son tome sur un suspense stimulant, décuplant ainsi l’envie de voir venir la deuxième moitié du récit.

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