6.5/10Mon voisin le Père Noël

/ Critique - écrit par iscarioth, le 08/12/2005
Notre verdict : 6.5/10 - Le Père Noël est une ordure (Ecrivez votre critique)

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Mon voisin le père Noël est un conte pour adulte malsain et angoissant, qui fait se rejoindre les symboles de l'innocence et ceux du vice pour au final travailler sur les thèmes de la rédemption et de l'obsession.

Imaginez que le père noël, dont on sait tous que la figure est apparue après-guerre, ait été un collaborateur lors de la seconde guerre mondiale. Imaginez que pour se racheter, le jeune collaborateur qu'il fut décida d'accomplir des miracles... Georges a pour voisin un vieil homme fatigué qui prétend être ce père noël. Inhabituel, ce conte de fin d'année, qui dès les premières pages, fait entrer en scène la swastika...

Devenir Père Noël pour racheter une faute

01_250Ne vous y trompez pas, Mon voisin le père Noël est bien un album pour adulte. En ce mois de décembre où le temps est à la gentillesse et au don, l'album traite de l'expiation de nos fautes. La chaleur de Noël (tons rouges et décorations) se mêle à des flash-backs angoissants et mystérieux, ainsi qu'à des détails inquiétants digne des plus grands films du genre psycho killer. Georges, vieux célibataire, seul dans son lit une place et dans une chambre décorée de vieilles photographies d'aînés. La cinquantaine, l'allure bonhommique et vieillotte, et, dans la rue, de nombreux regards jetés par dessus l'épaule pour entrapercevoir le derrière de jolies femmes. Un être maladif et esseulé. Et à côté de cela, sous un voile brumeux, toute l'imagerie de noël : les enfants, le pôle nord, tout un univers graphiquement rapporté comme sur les cartes postales féeriques de notre enfance. Une juxtaposition de deux symboliques, celle de l'angoisse et celle de l'insouciance et des fêtes, visible au feuilletage, avec cette juxtaposition violente des tons froids et chauds.

Un tandem qui choque

02Avec Mon voisin le père Noël, l'angoisse et le mystère grimpent à même allure, crescendo, du début à la fin de l'album. Tillier et Bonifay excellent dans la création de symboliques significatives (les apparitions fantomatiques chez Georges). Quand on connaît les oeuvres qui se cachent derrière Tillier et Bonifay, on se doute de la grande qualité technique du one-shot. Le dessin réaliste de Béatrice Tillier, révélé par Fée et tendres automates, se distingue encore ici. On a déjà évoqué l'importance de la coloration, principal déclencheur de l'angoisse. On signalera aussi le très grand sens du détail de la dessinatrice, la géométrie parfaite de ses vignettes (les architectures) et sa capacité à s'adapter à tous les univers (passage de l'urbain à la nature enneigé pour les paysages, changements violents d'ambiance...). Pour rappel, derrière le scénariste Philippe Bonifay, il y a Zoo, considéré comme l'une des BD les plus marquantes des années quatre-vingt-dix...


Mon voisin le père Noël est un conte pour adulte malsain et angoissant, qui fait se rejoindre les symboles de l'innocence et ceux du vice pour au final travailler sur les thèmes de la rédemption et de l'obsession.

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