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2/10Vita Oswood

/ Critique - écrit par Maixent, le 18/12/2016
Notre verdict : 2/10 - Patchwork foutraque (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Zombies, sexe, etc.

Version érotisée d'une précédente version de 2015 parue chez Graph Zeppelin, Vita Oswood a du mal à prendre ses marques au milieu de différents styles.

Vers l'aventure au galop

Vita Oswood est une prostituée, pensionnaire de la maison close "The Roses" ayant le rêve de toute les filles selon encore beaucoup trop d'auteurs, rencontrer un prince charmant qui la tirera de sa vie de misère. Elle n'est d'ailleurs pas si mal lotie que ça, à première vue, tout à fait à l'aise dans son rôle et ne subissant à priori aucune pression, mais, si on nous dit qu'il faut la sauver... Elle reçoit donc une lettre d'un mystérieux client qui lui fait don de son manoir. Ni une ni deux, elle embarque sur l'aéronef de ce dernier et part à l'aventure alors qu’un passager clandestin a l’air dangereux fait lui aussi partie du voyage. Que va-t-il donc se passer? Peu importe de toute façon, cela ne sert l'intrigue en rien. Concentrons-nous sur l'autre personnage féminin, Nahima, indienne trop court vêtue rencontrée au hasard d'une rue. Ensemble, elles se rendent au manoir vu que personne d'autre ne veut y emmener notre héroïne. Une longue chevauchée à cheval avec des orages, un suspense insoutenable et des blagues de mauvais goût sur l'étalon qu'elles chevauchent... Accueillies par Maître Stevenson on se rendra vite compte après une petite scène lesbienne hors sujet qu'elles sont tombées dans un piège et que le manoir est celui d'un savant fou travaillant sur la mutation des corps. Ce que l'on attendait tous (ou pas) arrive : des zombies. Arborant fièrement  des uniformes de la guerre de Sécession version grunge et ne pensant qu'à une seule chose, manger des cerveaux... Mais non, violer les deux jeunes femmes qui ne se sont d'ailleurs jamais rhabillées après leur partie de jambe en l'air. Nahima se sacrifie dans le rôle de la black de service et la blonde est sauvée…  Voilà Voilà...
L'attaque du zombite

 

L'album se perd complètement dans le ton et la forme. On a un peu de steampunk, un peu d'horrifique, un peu de cul, un peu d'humour, un peu d'exotisme. La liste est longue des "un peu" mais rien n'est finalement abouti. C'est un patchwork informe à la manière de Suicide Squad, donc finalement très à la mode et dans l’air du temps. On prend de bons éléments et on les balance sans réfléchir dans un sac en espérant que ça sorte quelque chose de bien. Mais cela est rarement efficace. Si encore le visuel sauvait l'ensemble, mais le dessin est plat avec une colorisation façon Dofus, ce qui marche plutôt bien dans un jeu vidéo mais beaucoup moins pour la représentation du sexe et de l'horreur. Du coup le lecteur se perd, et ne sait pas trop à quoi se raccrocher, surtout que cela manque de finesse également dans la narration. L'emphase est un procédé visuel intéressant en bande dessinée, avec des poses exagérées et des actions improbables (Spiderman n'existe pas mais la suspension consentie d’incrédulité fonctionne) de même que l'énergie ça ne voit pas à moins d'être Sangoku, mais là c'est inapproprié. Les combats tout comme les courses se veulent épiques mais tombent tout de suite à plat. L’exemple le plus probant est l'arrivée de Ksapa, le cheval de Nahima. La première case, il arrive tel Pegase, des nuages de fumée, le regard dur et puissant, des traits partout qui symbolisent la vitesse, des passants médusés. La case badass de comics, Hulk qui défonce un mur. Et la case d'après, vue de profil du même cheval, quelques nuages de fumée encore qui ressemblent à des pets foireux, un décor aussi vivant que la 2D de Super Mario sur Nes et un dessin bâclé au point qu'il manque une patte au cheval ou au moins une cuisse, le dessin est peu lisible...  


La caution lesbienne obligatoire

 

Ne trouvant pas ses marques, l'album ne fonctionne pas. Ce qui aurait pu être le point fort, l'érotisme et l'horrifique sont noyés sous une multitude de maladresses tant graphiques que narratives et au final on ne retient absolument rien de l'album qui manque cruellement de ligne directrice et de fond pour donner envie au lecteur de vraiment s'investir.

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