6.5/10Victorian Undead : Sherlock Holmes contre les zombies

/ Critique - écrit par riffhifi, le 15/11/2011
Notre verdict : 6.5/10 - Chère loque… (Ecrivez votre critique)

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Le célèbre détective doit affronter une armée de morts vivants dirigée par le professeur Moriarty… Du joyeux steampunk sans conséquence, avec la batterie de figures imposées attendue. Efficace.

Peu de personnages peuvent prétendre à une popularité aussi forte et constante que Sherlock Holmes : créé il y a 124 ans par Sir Arthur Conan Doyle, il continue à inspirer dans le monde entier livres, films, séries, jeux vidéo et, oui, bandes dessinées. L’an dernier, la collection Wildstorm de DC Comics proposait une variante "épouvante / horreur" des aventures du détective, sous le titre Victorian Undead. Cette année, 17658-victorian-undead-sherlock-holmes-cPanini en propose la version française.

En 1854 (année de naissance de Sherlock Holmes, selon la plupart des sources), une météorite cause une terrible épidémie dans un quartier pauvre de Londres, où la population meurt massivement et se relève sous une forme putréfiée. Le phénomène est endigué, mais ressurgit en 1898, alors même que Holmes soupçonne le terrible professeur Moriarty d’avoir survécu à leur confrontation sept ans plus tôt…

Holmes contre le surnaturel, ça n’a rien de nouveau ; il n’est pas même besoin de remonter avant 2010 pour en trouver un exemple cinéma (le direct-to-video de The Asylum, où le héros affrontait des robots-dinosaures) ou même un exemple bédétesque (le diptyque français Sherlock Holmes et les vampires de Londres, suivi cette année de Sherlock Holmes et le Nécronomicon). On pourrait même dire que c’est une démarche courante. Holmes contre les zombies, en revanche, c’est peut-être inédit – mais pas vraiment surprenant quand on considère la zombimania galopante de ces dernières années, qui culmine dans la production d’une série télé consacrée au sujet (The Walking Dead). Le comic book de Ian Edginton et Davide Fabbri semble même se délecter d’un usage quasi systématique des figures imposées du pastiche holmésien : la présence de Moriarty, celle de Mycroft Holmes en chef des services secrets… La représentation du détective et de son acolyte le docteur Watson répond elle aussi aux clichés 17658-victorian-undead-sherlock-holmes-cstandards américains, pas forcément conformes au Canon : Sherlock possède un physique avantageux, fume une pipe calebasse, et Watson est largement plus âgé que lui.

Pour convenue que soit l’œuvre, elle n’en reste pas moins sympathique : généreuse en imagerie steampunk (androïdes vindicatifs et morts vivants putrides), dynamique sans oublier de laisser place aux dialogues et aux sentiments, enveloppée dans une couverture imparable de Tony Moore, la BD se laisse lire sans problème. Dommage que le scénario n’ait pas fait preuve d’un peu plus d’ambition, et que les capacités déductives de Holmes ne soient sollicitées que dans le dernier tiers de l’intrigue, après un temps de passivité trop long.

Espérons que Panini se fera le relais des deux suites d’ores et déjà parues : Sherlock Holmes contre Jekyll / Hyde, et Sherlock Holmes contre Dracula !


#1 - The Star of Ill-Omen (janvier 2010)
#2 - The Skull Beneath the Skin (février 2010)
#3 - Written in Blood (mars 2010)
#4 - And Death shall have no Dominion (avril 2010)
#5 - The Earth shall give up its Dead (mai 2010)
#6 - Inferno (juin 2010)

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