7.5/10Ce que le vent apporte

/ Critique - écrit par gyzmo, le 25/10/2007
Notre verdict : 7.5/10 - shiiiiieeeeee ! (Ecrivez votre critique)

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Joli coup d’essai pour le scénariste-dessinateur-coloriste espagnol Jaime Martin qui, avec ce one-shot maîtrisé, signe un premier album en langue française de qualité plus qu’honorable.

Pour échapper à la police tsariste, l’inexpérimenté Alexandre est envoyé dans une petite bourgade au fin fond de l’Oural. Là-bas, où tout est neuf, tout est sauvage, libre continent sans rivage et tout, le jeune Alexandre, donc, est chargé de remplacer le médecin local mystérieusement trucidé, parmi d’autres actes du même acabit. Qui peut bien se cacher derrière ces meurtres atroces ? Une meute de loups ? Une entité de nature insoupçonnée ? A serial killer ? A partir d’une trame classique, Ce que le vent apporte s’engouffre au cœur d’une l’atmosphère glaciale et paranoïaque, prenant appui sur diverses oppositions, entre sang-froid et fureur, raison et démence, science et ignorance, Mulder et Scully.


Ce contexte misérable de plus en plus oppressant, enflé par l’écho de la Révolution Rouge, adopte un point de vue caricatural. Dans une zone apparemment « reculée de la civilisation », le jeune médecin Alexandre est le témoin impuissant de la crétinerie contagieuse du redneck made in URSS. Suspicieux, agressif, sociopathe, ce portrait en énervera plus d’un. Pourtant, sans cette faiblesse, la trame principale n’aurait pas été aussi à l’aise pour brouiller les pistes et rôder autour de l’origine du ou des responsable(s). Evidemment, l’enquête – qui n’en est pas vraiment une - échappe aux mécanismes d’une quelconque originalité. La révélation, si elle est amenée avec justesse, sonne trop facile pour surprendre. Ceci sera d’autant plus vrai pour tous ceux qui connaissent le mythe du Gévaudan et de sa bête, sur de nombreux points, similaire à l’intrique. Malgré tout, Ce que le vent apporte revisite ce sombre sentier si battu en y apportant une touche esthétique captivante, et un sens narratologique calibré à la mesure des grands classiques du genre. Le trait simple et accrocheur colle parfaitement aux différents profils des personnages. Le mariage harmonieux des couleurs et le rythme parfait de la mise en scène sont un régal pour le lecteur avide d’histoires menées sans entourloupes. Le texte d’accompagnement et ses dialogues bénéficient d’une plume précise, vivace, élégante. Joli coup d’essai pour le scénariste-dessinateur-coloriste espagnol Jaime Martin qui, avec ce one-shot maîtrisé, signe un premier album en langue française de qualité plus qu’honorable.

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