9/10La Vengeance du comte Skarbek

/ Critique - écrit par iscarioth, le 23/12/2005
Notre verdict : 9/10 - Assommant de qualité ! (Ecrivez votre critique)

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La lecture de la Vengeance du comte Skarbek vous transportera si vous savez vous laisser prendre au jeu des rebondissements.

Vous ne vous en doutez pas, vous qui n'avez pas encore lu ou terminé ce diptyque, mais la Vengeance du comte Skarbek vous roule dans la farine dès la couverture. A la sortie de la première partie du diptyque en 2004, il n'y avait de louanges que pour Grzegorz Rosinski. Le second chapitre paru, il faudrait être de mauvaise fois pour ne pas applaudir avec autant de vigueur le scénario de Sente que la réalisation graphique de Rosinski.

undefined112_250.Pour ceux qui ne connaissent pas La Vengeance du comte Skarbek, le premier chapitre de ce diptyque, sorti en 2004, a fait très grand bruit. D'abord parce qu'il s'agissait d'un projet signé Rosinski, l'un des plus prestigieux dessinateurs de la bande dessinée actuelle. Ensuite parce qu'il constituait en lui-même une prouesse technique. Avec La vengeance du comte Skarbek, on ne parle plus de dessin ni de vignettes mais de peinture et de tableaux. Le scénario, au moment de la sortie du chapitre un, avait été jugé plutôt médiocre, puisque pastichant maladroitement un roman de Dumas. C'était mal connaître ce qu'avait en tête Yves Sente...

La vengeance du comte Skarbek est une reprise du Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas dans lequel le personnage principal débarque à Paris pour se venger de Danglard, Mondego et Villefort. L'histoire de vengeance la plus célèbre de la littérature française, le plus grand succès de Dumas avec les Trois Mousquetaires. Yves Sente a créé une histoire se déroulant à la même époque (1815-1840) et utilisant les mêmes lignes directrices : le comte Skarbek débarque à Paris pour se venger de Maussard, Courselle et Northbrook. Du début à la fin du diptyque, Yves Sente nous mène en bateau. Le lecteur n'est jamais perdu, mais à tout moment décontenancé par les revirements de situations. De véritables twists parsèment le diptyque, le denier étant peut être celui de trop pour certains lecteurs n'appréciant pas la surenchère dans les rebondissements. Très romanesque et théâtral, la vengeance du comte Skarbek tient considérablement le lecteur en haleine. Rebondissements obligent, à la relecture, quelques détails nous font tiquer et mettent en doute la cohérence undefined113_250.de certaines scènes. Mais il faut savoir prendre ce diptyque comme il est ; un beau et distrayant roman, sans chercher à le décortiquer et à trouver ses possibles failles par rapport aux multiples retournements de situation. Pour continuer à pinailler un peu, on est parfois dérangés par la narration qui, même dans ses moments les plus vivants, reste statique, l'histoire, racontée par les narrateurs, ne se pensant jamais au présent. De fait, on se retrouve avec plus d'images commentées que dialoguées, ce qui empêche le récit de s'engouffrer dans la veine palpitante de l'action et de l'enchaînement, malgré le suspense policier de l'intrigue.


La lecture de la Vengeance du comte Skarbek vous transportera si vous savez vous laisser prendre au jeu des rebondissements. Si cet exercice de style vous agace, vous jugerez très certainement le diptyque comme trop classique et énervant. Mais quelque soit votre subtilité ou celle de votre entourage, La Vengeance du comte Skarbek reste une époustouflante réussite technique. Le diptyque est à mettre entre les mains de l'ignorant à la langue trop pendue qui prétend que la bande dessinée n'est pas un art.

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