7/10Valentine - Tome 4 - 30 millions de virus

/ Critique - écrit par athanagor, le 25/12/2008
Notre verdict : 7/10 - Un bon remède (Ecrivez votre critique)

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Quatrième tome des tranches de vie de cette nana qui ne correspond à rien de ce qu'on aurait envie de croiser dans la rue. Mais bizarrement, on s'identifie...

Valentine est une jeune fille qui n'est pas un top model, qui a de sérieux problèmes de cellulite, est constamment malade et n'a pas de compétences professionnelles. Autant dire qu'elle représente le niveau zéro de la condition féminine. C'est du moins ce qu'on peut en dire si l'on se réfère aux valeurs exposés Un message universel
Un message universel
dans les magazines féminins. Si on sort de cette ligne d'observation, Valentine ressemble juste à une nana qui fait ce qu'elle peut pour surmonter la succession de crasses qui lui arrivent à un rythme effréné et qui justifient le caractère pourri qu'elle porte en permanence comme sa carte de visite.

C'est une tarte à la crème que de présenter les mésaventures de cette fille, qu'il est impossible de faire correspondre à quelque critère de la presse féminine que se soit, dans un format singeant celui desdits magazines. La logique usuelle consistant à dire que personne ne se reconnaissant jamais dans ce média, pourquoi ne pas en fabriquer un qui correspondrait plus à la réalité. Mais au delà du faible message que cette façon de faire constituerait si elle n'était que la seule idée de la BD, le format magazine est exploité à fond, des publicités idiotes à l'horoscope de fin. Le tout est fait avec pas mal d'humour et, reconnaissons-le, une capacité à synthétiser l'énervement diffus qu'inspire généralement ce genre de lecture, et ce schéma s'avère être très payant car il autorise l'abord d'une multitude de sujets. Evitant donc de tourner essentiellement autour de Valentine et de sa vie moisie, sans jamais pourtant s'en écarter trop, Anne Guillard en profite pour faire le menu de tout ce qui gonfle sévèrement son héroïne et, on l'aura compris, elle-même. Et en passant, le lecteur reconnaît en l'auteure un témoin éminent de notre époque, tant le propos semble cAngoisse nocturne
Angoisse nocturne
orrespondre à ses propres tracas. Bref, Anne Guillard décrit ce qui gonfle tout le monde, et ça fait du bien de savoir qu'on n'est pas les seuls. En l'espèce, le second de couverture remporte d'emblée l'adhésion du public, en présentant une fausse pub de magazine pour la boîte branchée du moment, à savoir votre immeuble, où se produisent tous les jours (et toutes les nuits), au fil des étages, des artistes comme DJ Sonotone et son célèbre mix du JT de TF1, le Grand Orchestre des Perceuses à Percussions ou Les Hurlements du Crazy Mioche et des Minidébils. Emaillant ainsi les tranches de vie de son héroïne loseuse par des interventions, à la fois en rapport avec son histoire et que le lecteur reconnait comme élément de son quotidien, Anne Guillard construit une BD au rythme facile et agréable, qui au final laisse une bonne impression.

Certes, le gros de l'ouvrage reste malgré tout assez lourdingue et parfois facile sur le thème de la gonzesse qui n'a rien à voir avec ce qu'elle devrait être pour être considérée comme une femme, une vraie. Mais cette majorité, à l'humour prévisible et au dessin rondouillard et caricatural est relevé par une dizaine de planches aux conclusions véritablement hilarantes et irrésistibles. Tantôt par le dessin, tantôt par un jeu d'esprit, on se marre réellement et on se prend d'affection pour cette BD, qui loin d'être un chef-d'œuvre, mérite quand même une belle attention.

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