4/10Urban vampires : le goût de la tarte à la crème

/ Critique - écrit par athanagor, le 25/07/2011
Notre verdict : 4/10 - Petit groupe sans gain (Ecrivez votre critique)

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Alternant les scènes de vie paisible et des éléments inquiétants, les auteurs semblent vouloir nous tromper sur la marchandise. Mais dans ce dédale de grosses ficelles, l’attention finit par s’émousser.

Plongeant leurs lecteurs dans le quotidien difficile d’une famille recomposée, dont les membres apprennent doucement à cohabiter, Corbeyran et Kowalski distillent patiemment les éléments de leur intrigue principale, sans jamais leur en dévoiler le fin mot. Assisté dans la lecture par le titre très évocateur, on suit alors les péripéties de ces personnages en élaborant finalement soi-même de folles conjectures, car tout ceci a l’air diablement sérieux. De vilains problèmes de peau, calmés seulement par ce qui semble être une substance obtenue par un biais illégal ; d’inquiétants rôdeurs se rappelant aux bons souvenirs de l’héroïne par des coups de fils aussi abscons que chargés de menaces ; des ennuis mécaniques apparemment provoqués par une main malveillante et pour finir, la disparition de la petite dernière. Donc, sur ce fond de famille rangée, apparaissent des éléments troublants qui cherchent à nous orienter dans une direction bien précise. Le dessin, à grand renfort de cadrages proprement significatifs et tout droit tirés d’une vidéothèque richement garnie, ne cherche d’ailleurs pas à nous en dissuader. Les scènes
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de déménagement dans une banlieue calme comme vues par Tarantino ont cet effet-là.

Au final, la manière est assez étrange et le contraste entre les éléments paisibles et ceux dignes d’une histoire rocambolesque est bien trop prononcé pour ne pas donner l’impression de se faire balader. En effet, cette alternance systématique semble à chaque fois nous faire du pied, nous incitant à tourner notre regard vers le titre, élément capable d’expliquer tout ce bazar. On finit alors par se dire que c’est un peu gros et que si les auteurs avaient voulu en faire des caisses, ils ne s’y seraient pas pris autrement. La logique voudrait alors qu’on soit titillé au point de vouloir savoir quel genre d’histoire peut bien sous-tendre tous ces éléments. Mais cela suppose d’avoir bien accroché au récit et à défaut, l’intérêt s’émousse parce qu’après tout, cela n’a pas l’air si extraordinaire.

Au final, on ne peut pas s’empêcher d’être un peu déçu : pendant toute la lecture on se dit que ce serait trop facile qu’il s’agisse vraiment d’une histoire de vampires, et qu’il serait bien plus sympa que tous les éléments qui sont là pour nous y faire penser, se résolvent en fait dans une toute autre solution. Puis paf ! On lit le texte éditorial qui nous lâche, comme ça, qu’il s’agit bien de vrais vampires, rien de plus. Bof…

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