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Le Tueur - Tome 9 - Concurrence déloyale

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par - le 16/05/2011

Neuvième album de la série Le tueur, Concurrence déloyale démarre à Mexico city avec le Tueur (on ne saura jamais son nom) et Mariano. Le tueur est en discussion avec les cubains pour un nouveau contrat sur des étatsuniens (= américains), contrat qu’il est obligé d’accepter s’il tient à son fils et sa femme.


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C’est un nouvel album du duo Jacamon – Matz. Après la série Cyclopes, le tueur reprend du service. Toujours sans scrupules, le tueur et ses « amis » Mariano et Haywood, se posent en philanthropes ou sorte de purificateurs d’une société vouée au capitalisme. Altermondialistes de l’extrême, ils justifient l’un l’autre, leurs actions comme étant une purge des éléments pourris de notre société, et comme notre société est pourrie jusqu’à l’os, ils ont du travail pour un moment.

Un tueur professionnel, des truands, un contrat, des victimes annoncées, on pourrait s’attendre à avoir beaucoup d’action et à suivre notre « héros » lors de l’opération de son contrat. Ce sera en partie le cas, mais cela ne prendra pas l’intégralité de l’album. Bien au contraire, la majorité du livre ne sera que discours, palabres et considérations sociétales pour amener le tueur (et le lecteur) à accepter de changer de vie. Je vous laisse découvrir quels en seront la teneur et les objectifs.

On se demandait avec la série Sisco, comment il était possible de faire un héros de bande dessinée avec un salaud. Luc Jacamon et Matz nous donne la réponse. Chaque homme, aussi malfaisant soit-il, a une part d’humanité et selon la façon dont on braque les projecteurs sur celui-ci, on adhère ou pas à son action. On a donc ici un personnage, père de famille, que les cubains font chanter et prêt à changer de vie.


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L’album est en cela bien fait. Malgré un peu trop de blabla, nécessaire malgré tout pour justifier le déroulement de l’album, la narration se fait facilement, dans un style incisif. La cause en revient au découpage punchy de Matz. On regrette pourtant cette tendance à faire de nombreux gros plans sur les personnages. Si les textes ont une part importante, on n’a jamais l’impression qu’ils prennent toute la place. Le mérite en revient au découpage qui sépare une page en deux grandes bandes. Offrant de grandes cases, Jacamon s’en donne à cœur joie avec son trait élégant. Les dessins sont de toute beauté, quoiqu’un peu glacé parfois. Mais ce sentiment donne plus de réalisme au personnage principal. Personnage qui se différencie aussi par ses traits simples, sans rides. Il n’a pas de réelle expression. Il est impassible, on ne sait jamais ce qu’il pense contrairement aux autres qui sont plus marqués.

En conclusion, ce neuvième album est un peu plat, un peu trop donneur de leçon. Peu d’action pour beaucoup de parlotte, le tueur veut changer de métier et de destin. Y arrivera-t-il ? Il faudra le demander à ses auteurs.

plienard plienard [7/10]