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5/10Trois cerises

/ Critique - écrit par Maixent, le 30/01/2011
Notre verdict : 5/10 - Singeries (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Une Bd surprenante qui prouve que la bd érotique peut ouvrir encore d'autres voies. D'un abord cependant difficile.

La bande dessinée érotique apporte bien des surprises. Les néophytes ont tendance à décrier ce média particulier, rapportant que la littérature, comme les films pornographiques ne sont que répétition de clichés convenus sans aucune originalité. L’argument majeur étant que lorsqu’on en a vu un, on les a tous vus. Déjà cette idée est complètement dépassée et si pour certains le sexe n’est que redites et s’en désintéressent, tant pis pour eux mais qu’ils n’essayent pas d’en dégoûter les gentils pervers qui y prennent le plus grand plaisir de leur existence sans jamais se lasser.


Love
Tout ça pour en venir à cet étrange Ovni qu’est Trois Cerises qui ne ressemble à rien de connu et se place bien loin de l’imagerie traditionnelle du sexe et de l’excitation facile. Sans doute influencé par Pierre Boulle ou Roy Lewis en ce qui concerne cet album, Andrea Camic a choisi de représenter ses personnages sous des traits simiesques mais se comportant comme des humains contemporains. Il est vrai que l’auteur, fervent lecteur d’auteurs comme Magnus ou Baldazzini, avec lequel il a collaboré, est connu pour un travail d’illustration à la fois grotesque et disneyen mais l’ouvrage proposé ici, s’il est zoomorphe, est bien loin d’une histoire de Picsou.
En effet, étonnamment et en parfaite inadéquation avec le dessin, l’histoire laisse la part belle aux sentiments et à la passion. D’une beauté déchirante, comme peuvent l’être les plus belles histoires d’amour, Ned et Tammy sont deux êtres étouffés par ce qu’ils ressentent l’un envers l’autre. S’ouvre une série, dont Trois Cerises est le premier tome, axée sur l’amour passionnel et charnel, de celui qui marque une existence à jamais, allant d’un extrême à l’autre et révélant la force destructrice et incontrôlable de l’amour.
Emportés par un érotisme troublant et raffiné d’un côté et une violence
Hate
sourde de l’autre, les deux héros de cette romance contemporaine tentent de vivre pleinement leur amour en dépit des aléas extérieurs, Ned étant marié et père de famille. On retrouve quelque chose de tragique et de classique, mais ici détourné par le dessin. On n’est certes pas au niveau des Souffrances du jeune Werther et cependant le dénouement tragique est palpable tout le long du récit. La chute est inévitable, comme si de trop aimer conduisait à une haine inhumaine. Ces deux « chaînons manquants » sont donc à rapprocher de figures romantiques, brisés par les éléments et la fatalité.
Cependant, le dessin empêche de vraiment entrer dans cet univers. Tammy a une moustache de grand-mère et de longs pieds tordus, Ned a un nez aplati et de longs ongles brisés. Même leurs attitudes restent proches des singes, Ned grimpant nu aux arbres ou Tammy se servant des toilettes d’une façon assez particulière.
Au final, la démarche est très intéressante au niveau formel mais tellement surprenante qu’il est difficile de se forger un avis définitif. L’ouvrage ne laisse pas indifférent, et c’est déjà beaucoup, mais sans doute nécessite-t-il un peu de recul pour en apprécier toutes les subtilités et le caractère novateur.

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