6/10Les Tribulations du Choucas - Tome 1 - Trekking payant

/ Critique - écrit par iscarioth, le 08/02/2006
Notre verdict : 6/10 - Le choucas au Tibet (Ecrivez votre critique)

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Si Le Choucas n'a pas perdu son habituel costume noir et sa chemise jaune, on ne peut pas nier le fait que son passage à un format et à une mise en image plus consensuelle l'a rendu moins passionnant.

Remise à zéro

De 2001 à 2004, Lax a écrit et dessiné six albums de la série « Le Choucas ». Une série polar mettant en scène un quinquagénaire, ouvrier licencié, s'improvisant détective pour se reconversion. Le style de la série était alors très marqué thriller : des plans serrés, une ambiance souvent lugubre, des angles de vue déstabilisants... Puis, en 2005, Lax connaît un vif succès pour son one-shot chez Aire Libre, L'Aigle sans orteils, indéniablement l'un des succès critique et public de l'année. Lorsque pour janvier 2006, un nouvel album du Choucas s'apprête à paraître, des décisions ont été prises par Dupuis et Lax, censées apporter à la série, qui s'enfonçait jusqu'alors dans un genre très codifié, des possibilités de séduire un public plus large. On reprend donc tout de zéro. Ce devait être le tome sept et c'est un tome un qui parait en librairie. La couverture a changé de ton. On passe d'un noir dominant à une ambiance orangée, presque feutrée. La typographie n'est plus la même et l'on met désormais plus en avant le titre de l'album que celui de la série, rebaptisée « Les tribulations du Choucas ».

Un Choucas délavé

Lax le dit clairement dans une interview donnée à Toutenbd : « On veut profiter du succès actuel de L'aigle sans orteils pour relancer Le Choucas et le faire connaître à de nouveaux lecteurs ». La série gagnera certainement de nouveaux lecteurs, mais en perdra peut-être aussi quelques uns. Le Choucas était une série en passe de devenir un incontournable du polar français en BD. Beaucoup de lecteurs de la première heure seront déçus de voir comment la série s'est épurée de tous ses effets de mise en scène et de toute sa noirceur. On passe du genre thriller à celui de l'aventure. C'est plus l'image du globe-trotter que celle du privé tenace qui colle désormais à la peau du Choucas, qui a perdu beaucoup de sa splendeur. Sur les traces d'Hergé à qui il rend d'ailleurs un élégant et discret hommage, Lax emmène son héros au Népal, et même si quelques paysages urbains impressionnent, la qualité graphique globale n'est pas celle rencontrée dans L'aigle sans orteils. Les ambiances lumineuses sont beaucoup plus grossières. On ne distingue que deux tons, qui varient peu : le gris, pour les scènes nocturnes, et l'orangé, pour à peu près tout le reste. Coté dessin, on relève même quelques maladresses tout à fait surprenantes de la part d'un dessinateur aguerri comme Lax (les mains, page 50, vignette 6). Le choucas s'est toujours caractérisé par sa répartie et, notamment pour ses dialogues, Trekking payant est un album attendu. Force est de constater, qu'à ce niveau aussi, le charme opère moins. Le Choucas continue de lancer de belles piques dans ses déclarations, notamment en direction de la France, mais, peut-être à cause de cette carence d'ambiance et de mise en scène, le résultat est assez maussade.


Si Le Choucas n'a pas perdu son habituel costume noir et sa chemise jaune, on ne peut pas nier le fait que son passage à un format et à une mise en image plus consensuelle l'a rendu moins passionnant. Pour le tome huit... Non ! Pour le tome deux, nous retrouverons le Choucas en Afrique noire pour de nouvelles... aventures.

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