6/10Les Traîne-Ténèbres

/ Critique - écrit par iscarioth, le 11/10/2005
Notre verdict : 6/10 - De l'HF pur jus, Tornitrouille ! (Ecrivez votre critique)

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Les Traîne-Ténèbres est, sans aucun doute, une série qui plaira beaucoup plus aux fans d'héroïc fantasy made in soleil qu'au « grand public ». Un très bon divertissement pour tous ceux qui connaissent les codes de l'univers HF et qui savent s'en délecter.

L'histoire

Jahom est chassé de sa seigneurie par Urvis, son beau-père. Il devient dès lors un « traîne-ténèbre », c'est-à-dire un vagabond, un errant. Il promet néanmoins à son épouse et à son tout jeune enfant de revenir reconquérir son domaine, une fois devenu plus puissant.

Seuls comptent les péripéties

Le Paladin, le gueux et la sorcière, premier tome des Traîne-Ténèbres, amorce une histoire dans la plus pure tradition de l'héroïc fantasy en BD. En deux petites pages, le personnage principal et sa quête nous sont présentés. En cinq pages supplémentaires, les deux personnages secondaires sont amenés. Un trio de héros, déjà clairement affiché sur la couverture de l'album, se dessine facilement dans la tête du lecteur. Comme toute histoire HF qui se respecte, un minimum de place est, en amorce, réservé au contexte et un maximum à l'action et à l'enchaînement des péripéties. Sur l'ensemble des quatre tomes parus, pas vraiment de fil conducteur. Les objectifs du personnage principal restent très flous. Une amitié vient rapidement lier Jahom, Azira et Porok sans que le lecteur ne sache réellement ce qui rapproche les trois personnages errants. Une large place, scénaristiquement et graphiquement, est accordée au relationnel, aux rapports entre ces trois personnages, qui, contrairement à ce que l'on peut croire ne développent pas une psychologie très approfondie. Jahom est le grand guerrier roux dont toutes les femmes tombent amoureuses, Porok s'enferme vite dans son rôle de sous-fifre puis de bouffon (avec sa compagne Donjice) et Azira n'existe presque que par ses talents de magicienne.

Des particularités qui ne trompent pas

Sans tomber dans le travers du fourre-tout ultra parodique à la Amiante, Tarvel utilise les codes habituels de l'héroïc fantasy avec humour. Ce que l'on reproche posément aux Traînes-Ténèbres (une quête ambiguë, des stéréotypes), c'est ce que l'on aime secrètement retrouver dans une série d'héroïc fantasy humoristique. Comme toute bande dessinée du genre, les Traîne-Ténèbres comporte son lot d'érotisme, de gore et de vulgarités. Les talents de dialoguistes de Brice Tarvel s'expriment d'ailleurs pleinement dans cette série qui fait énormément discuter ses personnages. Malgré quelques blagues qui tombent à l'eau, les conversations sont savoureuses. On retrouve la marque de fabrique de Tarvel : le vocabulaire rustique, pittoresque et inventif, qui fait forcément sourire le lecteur. Autre point positif et typique d'un scénario signé Tarvel, le coté absolument imprévisible de l'intrigue. Impossible d'anticiper la tournure que va prendre l'histoire. On passe d'un problème et d'un univers à un autre en quelques pages. Une impression positive qui rejoint d'ailleurs celle négative de parcourir une histoire sans fil conducteur. Autre paradoxe, même si le lecteur habitué aux séries HF retrouvera des typologies de personnages et un bestiaire connu, il lui sera difficile d'anticiper les fausses pistes amorcées par Tarvel.

Une continuité graphique

Les Traîne-Ténèbres est une série qui s'articule bien, avec une mise en cadre facilitant la bonne compréhension de l'action. On s'attache au dessin semi réaliste de Nielsen (aussi connu sous le nom de Didier Pagot, pour le premier tome de Pandora Box), malgré les quelques balbutiements du premier tome (grosses variations au niveau du visage des personnages : contours malléables, pommettes plus ou moins saillantes,...). Comme on l'a déjà souligné, la série accorde beaucoup d'importances aux dialogues et au relationnel entre les personnages. Le trait semi réaliste de Nielsen, qui restitue bien les caractères et expressions faciales, est donc très approprié. Pour le quatrième tome, Nielsen passe la main à un autre dessinateur, Verhaeghe et, chose assez rare dans ce cas de figure, la transition se réalise parfaitement. Même si son trait est moins caricatural, Verhaeghe est tout à fait dans l'esprit de la série. Les jeux de complicité entre les protagonistes continuent à amuser le lecteur.


Les Traîne-Ténèbres est, sans aucun doute, une série qui plaira beaucoup plus aux fans d'héroïc fantasy made in soleil qu'au « grand public ». Un très bon divertissement pour tous ceux qui connaissent les codes de l'univers HF et qui savent s'en délecter.

Tome 1 - Le paladin, le gueux et la sorcière (1999)
Tome 2 - Les dents du dragon (2000)
Tome 3 - Le pays des montagnes sans nom (2001)
Tome 4 - La forêt hurlante (2002)

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