7/10Titine au bistrot - Tome 1

/ Critique - écrit par iscarioth, le 24/01/2007
Notre verdict : 7/10 - Picon-bière vaincra ! (Ecrivez votre critique)

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Lindingre fait du trash et on dirait bien qu'il maîtrise de mieux en mieux le sujet. Titine au bistrot, c'est la bonne vieille France bien dégueu... A en vomir de rire.

Lindingre continue de sévir du côté de chez Fluide Glacial. L'auteur s'est imposé comme un incontournable de la rédaction, par son humour trash, croquant la France des cas sociaux et de la beaufitude olympique. Son premier album, Jeunesse de France, ne nous a que très peu convaincu. Ce deuxième ouvrage, pourtant toujours dans le même esprit, se révèle plus efficace.

Martine s'occupe de Bouffy, son petit frère, depuis la mort de ses parents. Tous deux vivent ensemble, en appartement. En neuf histoires, Lindingre réalise le portrait du fin fond de la crasse. L'auteur s'amuse à décrire la laideur absolue, et ça se ressent profondément, jusque dans sa façon de dessiner. Lindingre fixe son style sur une espèce de ligne claire (on a du mal à ne pas dire crade), aux contours gras, ce qui renforce le côté très répugnant de l'ensemble des personnages. Tous sont obèses, tous ont un goitre immense, une taille démesurément plus large que le buste, un groin à la place du nez... Bref, des individus pas follement glamour qu'on accompagne dans un quotidien de picon, d'aphte chronique, de pénétration anale sur clébard, de morpion et d'histoire d'amour pédophile. On vous aura prévenu.

Au milieu de ce déluge humain, Lindingre prend le temps d'égratigner quelques institutions : la télévision, avec une émission assimilée au C'est mon choix d'Evelyne Thomas, les matchs de foot, par la démonstration de la bonne vieille rivalité franco-teutonne, mais aussi le monde politique, avec l'intervention d'un candidat à la mairie pourvoyeur de picon. Lindingre développe son sens de la chute, progresse nettement dans la structuration de ses histoires. Mais, malgré des gags qui font de plus en plus souvent mouche, pas de valeur ajoutée : on ne relève pas d'analyse, de critique ou de discours, en filigrane. Un aspect que Lindingre avance lui-même, dans son interview donnée à Evene : « J'aime cette idée d'observer autour de moi et de retranscrire, sans engagement ».


Lindingre fait du trash et on dirait bien qu'il maîtrise de mieux en mieux le sujet. Titine au bistrot, c'est la bonne vieille France bien dégueu... A en vomir de rire.

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