6.5/10The Zombies that ate the world - Volume 1

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 10/11/2011
Notre verdict : 6.5/10 - Des zombies et des hommes ! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 3 réactions

On connaît bien Jerry Frissen pour son univers déjanté de Lucha Libre. Des super-héros catcheurs qui sauvent le monde sur fond de réflexions absurdes ou de sauvages attaques. Mais l'auteur a également une autre passion : les zombies. Loin des clichés habituels, nous naviguons une fois de plus dans un monde violent, parfois débile et où une seconde couche de réflexion existe pour ceux qui savent où chercher. Et puis comment refuser un monde où les zombies sont... de gros glandeurs !

Frissen est un artiste Belge qui a su se faire une place dans le monde de la Bande Dessinée en créant un univers aussi riche que loufoque. Habitant Los Angeles, il a su utiliser son expérience américaine pour développer les thèmes les plus loufoques. On connaît notamment son travail avec les luchadors justiciers de Lucha Libre. Un peu losers, traînant dans des quartiers délaissés de tous, ils ont su nous divertir par leur caractère extrême et leur sens de l’absurde. Jouant sur les stéréotypes les plus diverses, les luchadors ont toujours un as dans leur manche. Frissen, cependant, a une autre passion pour se défouler et nous montrer toute la bêtise de notre société, les zombies. Vous allez me dire que le thème est tendance et que l’on connaît tout sur le sujet mais avec Jerry Frissen aux commandes, on va avoir quelques surprises.

Les amateurs de zombies et/ou de l'auteur auront remarqué qu'il s'agit d'une réédition sous une nouvelle forme. Titre en anglais, regroupement des épisodes de manière différente, si cela peut paraître minime, le plaisir reste intact et quitte à manger du zombie, autant le faire par bloc de 100 pages ! (Pour la version précédente, voir notre chronique ici)


Ce n'est pas un Forban,
c'est le Belge !
En 2064, les morts rodent depuis déjà quelques années. Ils représentent environ 35% de la population de Los Angeles (la ville où se situe le récit). Cependant, loin de vouloir manger tout ce qui traîne et de menacer les vivants, les zombies (ou non-vivant pour le politiquement correct) sont plutôt des gros glandeurs. En effet, la plupart zone en ne faisant rien. Il y a bien quelques exceptions comme ceux qui peuvent parler où quelques punks zombies nihilistes mais globalement, ils sont plutôt là pour ne rien faire et déranger les vivants. Tandis que certains prônent la reconnaissance de leurs droits ou leur acceptation ou encore se découvrent des passions plus glauques, beaucoup voient le phénomène comme une nuisance. En effet, vous devez vous occuper des zombies qui reviennent à la vie chez vous ou qui appartiennent à votre famille. C’est pourquoi, pour vous en débarrasser discrètement, vous pouvez compter sur trois héros aussi intrépides que stupides : Karl le boutonneux, sorte d’adulescent aux goûts douteux ; sa sœur Maggie qui est presque la plus normale du groupe et Freddie que tout le monde appelle « Le Belge » puisqu’il vient du plat pays. Ce dernier est une imposante masse de muscle et de bêtise dont les poings réfléchissent plus vite que son cerveau.


Le ton est donné !
Ce premier tome est découpé en petites histoires qui mettent en valeur nos héros et les zombies. Dans le pur style de Jerry Frissen, les crânes explosent, les personnages sont tous des fous furieux et il ne faut pas forcément chercher de grandes leçons de chaque histoire (encore que). Les plus réflexifs reconnaîtront des pages de la ségrégation américaine notamment avec les fameux Rednecks que Frissen aime toujours dépeindre. Nous trouverons également des phases presque philosophique de la part du Belge. Cependant, son côté balourd et brutal fait que personne ne l’écoute lors de ses rares moments d’introspection.


Papy a encore eu une idée fumante !
Graphiquement, l’auteur s’est entouré de Guy Davis. Le Monsieur n’est pas le premier venu puisqu’il a œuvré pour Mike Mignola notamment sur BRPD mais il a également travaillé sur Judge Dredd. Cette expérience s’en ressent sur les décors et les objets. Pour les personnages, on reconnaît certaines directives du scénariste en particulier sur les héros. L’acné de Karl ou la banane du Belge sont des éléments que l’on pourrait voir dans d’autres productions de l’auteur. Les autres protagonistes ont du cachet et de petits détails viennent se glisser dans leur design. Néanmoins, le mauvais point de l’album serait sur les zombies eux-mêmes qui ont juste l’air crade et décrépi. Ces derniers sont sans saveurs. Je suis d’accord pour qu’ils soient inutiles et qu’ils glandouillent mais j’aurais aimé plus de détails, plus de force visuelle sur ces derniers.

Ce premier tome ravira les amateurs d’absurdité et de violence gratuite. Si les plus courageux gratteront la couche de crasse pour y voir des aspects réflexifs, les autres n’y verront qu’une succession de scène violente et de nécrophilie. Cependant, quel plaisir de voir un colosse broyer deux chihuahuas à mains nues…

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