8/10The Wicked + The Divine - Tome 2 - Fandemonium

/ Critique - écrit par Maixent, le 10/06/2017
Notre verdict : 8/10 - Génération perdue (Ecrivez votre critique)

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Des Dieux éphémères dans un monde de papier

Ce deuxième tome de The Wicked + The Divine est le chant d'une génération perdue et sûre d'elle-même. Les auteurs mettent en avant une population empêtrée dans un fanatisme religieux où les fausses idoles règnent en maître, mais sans espoir. Génération plus que désenchantée car elle n'a jamais  cru en rien, faisant partie elle-même de l'obsolescence programmée, elle s'accroche à ce qu’elle peut mais sans la foi ou la certitude qui font avancer l'humanité.


Montée

 

En transposant un univers adolescent ou adulescent comme les comicons ou les festivals pop rock pour en faire une fête du Saint Sacrement, les auteurs touchent à l'être intrinsèque, un monde du paraître et de fausseté. En ressort une impression de décalage dans tout le récit. Un univers de carton-pâte qui se perd en circonvolutions mais le tout traité avec brio. Comme si les ombres de la caverne décrites par Platon étaient devenues la seule réalité, plus attirante, plus pailletée. Pour faire une comparaison plus contemporaine, c'est Technical Boy qui a gagné face au Voyageur dans American Gods avant même que le combat n'ai commencé. On est donc au-delà d'un éternel conflit entre les anciens et les modernes. C'est la vacuité qui l'emporte et au milieu de ce tourbillon, dieux éphémères et humains, tels Laura, l'héroïne, se débattent avec conviction mais sans vraiment d'espoir.
Descente

 

Ce deuxième opus nous fait faire la connaissance de Dionysos, onzième Dieu du Panthéon. Idole des teuffeurs, organisateur de la fête du bout du monde. Représentant de l'électro, du dumbstep et des nuits sans fins, arborant fièrement son t-shirt "YOLO" et irradiant psychotropes hallucinatoires et psychédéliques par son aura. Graphiquement, le lecteur entre en transe avec un rythme de case endiablé et des couleurs luminescentes qui retranscrivent à la perfection une ambiance. Parti pour un voyage sous champis il est même accompagné lors de la redescente. Les auteurs mettent vraiment en avant un graphisme de l'émotion par des trouvailles visuels appropriées et intelligentes tout en conservant une cohérence à l'enquête en cours, menée par Laura, dont le but est de retrouver les assassins de Lucifer, abattue dans le premier tome. Inutile de dévoiler l'intrigue mais le destin pressenti par Laura, devenir elle-même une déesse va se réaliser mais pas vraiment dans de bonnes conditions, tandis qu'il apparaît que les ramifications liées au meurtre de Lucifer sont beaucoup plus sombres et haut placées que prévu.

Toujours plus riche, prenant et graphiquement irréprochable, ce deuxième tome confirme la qualité du premier. Rien n'est plus malaisé que d'écrire sur le "rien" et d'en faire quelque chose de riche et foisonnant mais les auteurs y parviennent parfaitement et poursuivent une œuvre générationnelle aussi belle que le pop art, incontournable et sans âme. 

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