The Punisher - Dossier

/ Dossier - écrit par riffhifi, le 13/08/2009

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Frank Castle a 25 ans de service ! Le redresseur de torts aux méthodes diablement expéditives a suscité son lot de réactions au fil des ans, mais n'a toujours pas versé d'eau dans son vin.

Ce n'est pas parce que les distributeurs français ont snobé le film War Zone, sorti en décembre dernier aux USA mais interdit de cinéma en France (il vient de sortir en DVD et Blu-ray), qu'il faut oublier que le Punisher fête cette année ses 25 ans d'existence. Ce qui est peu par rapport à d'autres figures de la bande dessinée américaine, mais plutôt pas mal au regard de son caractère violent et franchement controversé...

Années 70 : un personnage secondaire

La première apparition du personnage relève quasiment de l'anecdote : dans The amazing Spider-man #129 de février 1974, il est introduit comme une sorte de 1974 (par Ross Andru)
1974 (par Ross Andru)
méchant en cheville avec le Chacal. En réalité, la plupart des éléments constitutifs du Punisseur (et oui, c'était l'époque des traductions Lug, celles où Wolverine s'appelait Serval et où Spider-man était « l'étonnant Araignée ») sont présents : le sérieux papal, le costume tapissé d'une large tête de mort, et une morale inflexible qui le pousse à traquer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un criminel pour le dézinguer à vue. Si l'épisode en question est écrit par Gerry Conway et dessiné par Ross Andru, il faut néanmoins noter que le Punisher doit en partie son existence à John Romita (Sr.), qui en fit des esquisses dès 1973.

Contemporain du Justicier dans la ville interprété par Charles Bronson au cinéma, le Punisher pratique lui aussi une justice violente et expéditive, sans fioriture et parfois sans discernement. Mais en réalité, le personnage préfigure surtout Rambo et ces autres anti-héros qui fleuriront à partir de la fin des années 70 : les traumatismes du Vietnam commencent à prendre forme, générant des personnages de fiction obsédés par la violence et déglingués par l'absurdité d'une situation qui les dépassait.

En 1975, après avoir fait quelques apparitions supplémentaires chez Spider-man, le Punisher se voit accordé un numéro spécial dans la collection Marvel Preview, puis un autre en 1976 dans Marvel Super Action. A ce stade, on ignore toujours ses origines... et son nom ! En novembre 1976, dans Amazing Spider-Man #162, les lecteurs font la connaissance de Jigsaw, un criminel si bien défiguré par le Punisher que son visage ressemble à un puzzle ; bien décidé à se venger du justicier, il deviendra au fil des ans le SEUL véritable ennemi récurrent de notre héros, qui a plutôt l'habitude de refroidir ses adversaires pour de bon. Se serait-il pris d'affection ou de pitié pour son antagoniste à la gueule cassée ?...

Années 80 : flambée de popularité

En 1983, le Punisher a fini par devenir un second couteau régulièrement aperçu chez Marvel : il a notamment croisé Captain America et Daredevil (sous la plume et le pinceau de Frank Miller), qui n'approuvent pas ses méthodes hardcore. Dans Spectacular Spider-man #83 (octobre 1983), on apprend enfin l'épisode de son passé qui a fait de lui l'homme qu'il est : sa femme et ses enfants ont été abattus par des criminels alors qu'il les emmenait fait un pique-nique (sa femme et ses enfants, pas les criminels). Sa vie est alors devenue un seul interminable acte de vengeance...

En janvier 1986, Marvel saute le pas : une mini-série de 5 numéros, écrite par 1986 (par Mike Zeck)
1986 (par Mike Zeck)
Steven Grant et dessinée par Mike Zeck, dévoile le nom du Punisher qui restait inconnu depuis douze ans. Le zigoto s'appelle donc Frank Castle, et il n'a pas l'intention de rester bien longtemps en prison, où il s'était retrouvé à l'issue du Spectacular Spider-man #83 précédemment cité. Heureusement pour lui, il est tiré de sa geôle par une organisation qui tente à la fois de l'instrumentaliser et de créer une armée de Punishers... Castle saura se défendre, et bottera tous les culs nécessaires, non sans épargner Jigsaw qui s'était retrouvé victime d'un lavage de cerveau.

En juillet 1987, le Punisher gagne enfin son propre magazine, géré dans un premier temps par Mike Baron au scénario et Klaus Janson (qui venait de collaborer avec Frank Miller sur son Dark Knight returns) au dessin. Quelques mois plus tard, en novembre, on y fait la connaissance de Microchip (Linus Lieberman, un patronyme typiquement marvelien avec sa double initiale) dans The Punisher #4 ; il devient le seul allié récurrent de Frank Castle à connaître une longue carrière (la plupart des amis du Punisher, comme ses ennemis, ont tendance à subir une mort prématurée).

Fort du succès de ce titre, Marvel en lance un deuxième en novembre 1988 : Punisher War Journal est nommé ainsi en référence aux notes que prend Frank Castle au cours de ses missions, ponctuant la narration des récits. Dans la foulée, le cinéma se penche sur le personnage et livre dès 1989 une adaptation nerveuse à petit budget, dans laquelle Dolph Lundgren tient le rôle-titre. Frank Castle devient alors le premier personnage Marvel à connaître une adaptation sur grand écran !

Années 90 : le déclin

En mars 1992, un troisième titre vient s'ajouter aux deux autres : The Punisher War Zone est réalisé par Charles Dixon et John Romita Jr., et rajoute une couche de 1992 (par Dale Keown)
1992 (par Dale Keown)
férocité dans l'univers d'un personnage qui n'en manquait pourtant pas. En février 1993, c'est l'univers 2099 qui s'enrichit de son propre Punisher : Jake Gallows est un émule de Frank Castle, et arbore le même crâne sur la poitrine pour dérouiller les criminels du futur.

En 1995, c'est la crise. Les ventes de Marvel baissent, et celles du Punisher sont exceptionnellement faibles. Comble absolu, Frank Castle est puni : en juillet, la parution de ses trois magazines attitrés, War Zone, War Journal et The Punisher, cesse brutalement. Le troisième avait atteint le numéro 104. Punisher 2099 est le seul à survivre (un autre comble), mais il est arrêté très peu de temps après, en novembre.

Les tentatives de ressusciter le Punisher existent, mais la sauce ne prend pas : de novembre 1995 à avril 1997, une série est menée par John Ostrander et Tom Lyle, puis le label Marvel Knights accueille une mini-série dessinée par Berni Wrightson de novembre 1998 à février 1999. Les belles années du personnage semblent derrière lui. Entre la fin des années 90 et le début des années 2000, Frank Castle est confronté dans plusieurs mini-séries à deux personnages qui partagent de nombreux traits communs avec lui : le X-Man Wolverine et le justicier de Gotham Batman (merci les crossovers DC / Marvel).

Années 2000 : le retour

Le sauveur du Punisher a un nom : Garth Ennis. Le scénariste propose d'avril 2000 à mars 2001 une mini-série dessinée par Steve Dillon, qui redonne ses lettres de noblesse au personnage. L'effort est remarqué ; pas suffisamment pour que l'univers Ultimate consacre un magazine à une nouvelle version du Punisher (il y existe cependant, sous la forme d'un ex-flic de NY), mais assez pour qu'un nouveau titre régulier soit lancé en août 2001. Garth Ennis en reste le pilier, et plusieurs dessinateurs se succèdent avec leurs différents styles : Steve Dillon est lumineux et carré, Tom Mandrake plus sombre et expressionniste... Le titre prend fin en février 2004, pour céder la place dès le mois suivant au titre Punisher Max, toujours scénarisé par Garth Ennis et continuant la ronde des artistes ; le plus marquant (et le plus présent sera Leandro Fernandez).

2001 (par Steve Dillon)
2001 (par Steve Dillon)
Revenu sur le devant de la scène, le Punisher attire logiquement l'œil des producteurs de cinéma, qui sont en pleine frénésie d'adaptations Marvel (X-men en 2000, Spider-man en 2002, Daredevil en 2003)... Un bien mauvais film voit donc le jour en 2004, avec Thomas Jane en Frank Castle et John Travolta en méchant. Le réalisateur est Jonathan Hensleigh, pourtant scénariste d'Une journée en enfer, mais le résultat est bien triste : le Punisher dépeint est une fiotte comparé à son modèle de papier.

En 2005, Garth Ennis l'infatigable participe à la collection "La fin", qui consiste à imaginer la toute dernière aventure de plusieurs héros. Son épisode consacré au Punisher est dessiné par Richard Corben. En janvier 2007, l'événement Civil War permet de ressusciter le titre Punisher : War Journal, sous l'égide du scénariste Matt Fraction et du dessinateur Ariel Olivetti. On le retrouve à nouveau confronté à Captain America, pour qui il éprouve un respect absolu mais malheureusement pas réciproque... Le titre survit au-delà de l'époque Civil War, pour la plus grande joie des fans qui ont à nouveau deux magazines Punisher à se mettre sous la dent.

En 2008, un nouveau film fait surface : prenant le parti de 'reboot' plutôt que de la suite, Punisher : War Zone met en scène Ray Stevenson dans le rôle-titre, et élit Jigsaw comme méchant officiel. Le résultat a la réputation d'être bourrin.

 

Expéditif, violent et torturé, le Punisher applique une justice si radicale qu'elle le place à la fois au ban de la société et en marge de la communauté super-héroïque. Et s'il sombrait un jour dans la dépression, le gaillard ?...

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