9/10The Crow

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 01/11/2012
Notre verdict : 9/10 - incrowyable (Ecrivez votre critique)

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The Crow est une figure mythique née dans les années 80. Le comics a un impact tel qu’il a été dérivé en films, en série et en comics annexe. L’œuvre de base part d’un événement tragique auquel la mort de Brandon Lee (fils de Bruce Lee) lors du tournage du film n’a fait qu’ajouter à la légende et à la tragédie entourant The Crow. L’empreinte de la mort n’est donc pas qu’une figure de style ou une invention dans cette histoire et son auteur, James O’Barr, partage avec son héros une mélancolie profonde. Tout cela ajoute à la dimension iconique de The Crow et cela fait du comics et de son héros, de véritables représentants du gothisme en tant que tel avec ses profondes racines The Crow
Sympa le cadeau ...
poétiques et littéraires de la fin du 18ème, début du 19ème siècle. James O’Barr a écrit The Crow pour exprimer toute la rage et la tristesse ressentie lorsqu’il a perdu sa compagne suite à un accident. Ses sentiments, il les mit sur papier en 1981 mais ce n’est qu’en 1989 que l’album sortira. Lors du tournage du film, O’Barr va vivre un deuxième coup dur en perdant son ami Brandon Lee. Les sentiments de The Crow lui collent encore plus à la peau en cette période. L’album présenté ici est la réédition comprenant des pages supplémentaires par rapport à l’édition de base. Ainsi, comme nous le verrons, le passé du héros sera plus détaillé et puisque l’auteur le dit : des séquences presque autobiographiques.

The Crow
Bowie, Kiss et Joker réuni !
L’intrigue n’a pas changé. On reconnaît la violence de certains auteurs phares comme Frank Miller mais O’Barr y ajoute une dimension mélancolique très forte. Eric Draven avait trouvé l’âme sœur en la personne de Shelly. Cependant, cinq toxicomanes vont massacrer le jeune couple et Eric agonisera en ayant vu les horreurs subit par sa dulcinée. Le corbeau qui a vu toute la scène également va permettre à Eric d’accomplir sa vengeance par delà la mort en revenant poursuivre et tuer les criminels. Dans ce pacte, les deux parties y trouvent leur compte puisque le corbeau va châtier la moitié des criminels de la ville tandis qu’Eric se vengera des assassins de sa bien-aimée. Néanmoins, aussi invincible soit-il, Eric sera hanté par les souffrances de Shelly et par le manque occasionné par sa perte. Le récit oscille donc entre la souffrance du cœur, avec Eric qui est torturé (et qui se torture physiquement même) par ses souvenirs et son bonheur perdu ; et la vengeance administrée par Eric. Il ne fait pas dans le détail. Il massacre les meurtriers et leurs acolytes sans pitié. Rien ne peut arrêter cet avatar de la vengeance. Le récit, même de nos jours, est toujours aussi fort et poignant. Les poèmes ou extraits de Baudelaire ou Rimbaud ajoutent à la dimension tragique de ce récit car même si the crow se venge, même s’il punit les criminels, cela n’enlève en rien la perte de l’être aimé et les dégâts provoqués. Au milieu de cet océan de corruption et de sang, il est intéressant de noter les rôles (même mineurs) de Sherry et Albrecht. À leur façon, ils représentent une certaine innocence (l’enfance de Sherry) et une forme de justice et de pardon (le policier Albrecht semble encore discerner, au milieu de cette folie, un semblant de bien et de mal).

The Crow
Ce ne sont pas des paroles en l'air !
Visuellement, les premières pages surprennent plusieurs années après. Certes, c’est en noir et blanc mais les personnages semblent presque déformés. Cependant, on note très vite deux styles de dessin : ceux de la vengeance où Eric va dans les rues punir les criminels et ceux du souvenir où il se souvient les moments de bonheur avec Shelly. Ainsi, dans la rue, c’est la violence, la corruption et l’obscurité qui prédominent. Tout est déformer par le mal, le trait est agressif, malsain par moment, rageur par d’autres. Avec Shelly, c’est un crayonné subtil, toute en finesse, en ombre légère, la lumière emplit les pages et la beauté est magnifiée. On pourrait presque sentir la douceur de la peau ou la chaleur des rayons du soleil. Dès lors, la douleur d’Eric, tout autant que sa rage, semblent jaillir hors du livre.

Cette édition spéciale est donc à lire. Il est possible que la violence soit trop dure, que le déchirement soit trop extrême ou que le dessin ne puisse pas être apprécié. Mais The Crow est un extrait brut de l’âme de James O’Barr. Il doit se découvrir autant comme un comics qu’un récit sur l’amour et la mort. En tout cas, l’œuvre d’O’Barr a prouvé sa capacité à traverser les époques et à marquer les âmes autant que les esprits.

The Crow
Le silhouette de The Crow fait partie intégrante de l'imagerie collective dorénavant !

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