5/10Terreur

/ Critique - écrit par Mandark, le 05/11/2009
Notre verdict : 5/10 - Bas les masques ! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 3 réactions

Terreur est un album aux dessins magnifiques, servant hélas une intrigue qui l'est nettement moins. Même pas peur !

Bon, je vais clairement m’attirer les foudres des dieux, mais le fait est que Terreur Marie Tussaud à l'oeuvre
Marie Tussaud à l'oeuvre
n’est pas une BD passionnante. D’abord parce que le destin de Marie Tussaud, née Crossholz, n’avait pas besoin d’être romancé avec force "uchronie" (comme se plaît à le répéter l’auteur), ensuite parce que l’intrigue censée renforcer la dite uchronie relève plus de "l’intriguette" et ne fait jamais de Marie Tussaud un personnage de fiction plus intéressante que la vraie.

Et pourtant, le pitch de Terreur fait saliver : Le destin de Marie Tussaud, son histoire tout au long de l’après révolution française et ses rencontres avec d’illustres personnages, jusqu’à la création de son célèbre musée de cire à Londres.

Et qu’obtient-on au final ? Un petit scénario de polar tournant autour d’un diamant que tout le monde cherche et où même le dénouement fait sourire ! Il ne serait sans doute pas inutile de rappeler à A.P. Duchâteau que les ficelles du genre ont évolué depuis les années soixante-dix, et la façon de raconter une histoire aussi. Reprendre un "phrasé de l’époque" n’est pas pour autant gage de réalisme ; au contraire il présente même le risque de verser dans le caricatural, écueil que n’évite pas cet album (et encore, c’est un euphémisme tant les dialogues sont -souvent- ampoulés).

Chaque case est un régal
Chaque case est un régal
On s’attendait à une grande aventure mêlant suspense, violence et période historique troublée et on a droit à un récit à la construction bancale où le personnage de Marie Tussaud ne gagne jamais en épaisseur du fait de son interaction avec des protagonistes caricaturaux et mal exploités qui vont et viennent sans grande logique (le bourreau Desmarets, reconnaissable à la rose qu’il tient entre les dents en toutes circonstances, même quand il porte une cagoule sensée garantir son incognito !). Et que dire de certaines aberrations, tel ce journal intime qui suit Marie partout, y compris à la Conciergerie alors qu’elle y est emprisonnée, et dans lequel elle a consigné suffisamment de détails pour passer trois fois de suite à la guillotine ! Les révolutionnaires ont beau nous être présentés comme des paranoïaques avides de purge et cherchant le mal partout, pas un n’aura l’idée de le lui confisquer et de le lire pour y trouver des preuves de sa culpabilité, pas même quand il est sous leur nez !

Le dessin de Follet par contre est, il est vrai, somptueux. Sa technique de la peinture directe fait de chaque vignette un véritable petit tableau regorgeant de détails soignés à l’extrême, et bien que par conséquent il se dégage de l’ensemble un côté un peu figé, cela n’en reste pas moins une vraie fête pour les yeux. Cette puissance dans le trait, associée à un découpage et des cadrages au cordeau laissait pourtant présager d’une fresque passionnante et violente… hélas il n’en est rien.

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