6/10Terres lointaines - Episode 3

/ Critique - écrit par riffhifi, le 16/11/2010
Notre verdict : 6/10 - Terra incognita (Ecrivez votre critique)

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Troisième volet de la saga écrite par le vétéran Leo et dessinée par le moins connu Icar. L'intrigue piétine un peu, les clichés se font une place au soleil, mais les auteurs fignolent tout de même une science-fiction cohérente où l'on croise quelques créatures surprenantes.

 

Le premier tome voyait le jeune Paul Clauden (à ne pas confondre avec Paul Claudel, 1868-1955, dramaturge, poète, essayiste et diplomate français) partir à la recherche de son père, qui était supposé accueillir sa mère, sa sœur et lui lors de leur arrivée sur la planète Altaïr-3. Deux tomes plus tard, Paul est toujours sur les traces du papa. Autant dire qu'à ce stade, on a accepté l'idée qu'il s'agissait d'un voyage initiatique : le parcours est devenu plus important que l'objectif à atteindre,
et Paul devient un homme à mesure que s'amenuise son espoir de retrouver son insaisissable géniteur.

Le scénario de Leo, vétéran de la science-fiction (Les mondes d'Aldébaran, Kenya) et l'aventure (Dexter London), s'accorde toujours agréablement avec le style racé du dessinateur sourd Icar, qui connaît là sa série la plus exposée en trente ans de carrière ; Franck Picard ne regrette sans doute pas son changement de pseudo (il signait précédemment Francard). Dommage que l'intrigue apparaisse un peu trop décousue, piochant occasionnellement dans le cliché et oubliant pour une fois de faire la part belle aux créatures déroutantes qui sont la marque de fabrique de Leo. A tel point que l'anguille géante de la couverture n'apparaît même pas dans l'album ! On croise tout de même rapidement quelques beaux spécimens : outre un Stepanerk dont on a déjà rencontré un représentant dans les tomes précédents, on garde en mémoire l'image saisissante des porquereaux, que Paul n'est pas prêt d'oublier de si tôt non plus...

En parallèle de sa quête du père, le héros s'accroche à l'image de Claire, jeune voyageuse rencontrée lors de son arrivée sur la planète. Dans les deux cas, son
chemin l'amènera à rencontrer des figures de substitution (pères de rechange, conquêtes potentielles) qui forgeront son caractère.

Si l'on veut bien pardonner le coup de mou que représente ce tome dans la série, Terres lointaines se révèle tout de même une épopée SF assez bien emballée, dans la lignée de la saga Aldébaran : projections holographiques, cubes géants flottants dans l'air... les éléments fantastiques sont habilement combinés avec les aspects qui rappellent directement la réalité (les hydravions, les méthodes de la police). On attend de voir si la suite saura donner aux tribulations de Paul un côté moins marabout-bout-de-ficelle, et proposer une histoire globale satisfaisante. En attendant, on se satisfait des créatures de rêve et de cauchemar offertes par Leo et Icar, qui permettent un dépaysement certain...

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