7.5/10Ténèbres 2 : retour de flammes

/ Critique - écrit par athanagor, le 28/01/2011
Notre verdict : 7.5/10 - Le feu aux fesses (Ecrivez votre critique)

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Ce nouvel opus de la saga heroic fantasy de Christophe Bec et de son comparse italien semble vouloir s’acharner sur des portes ouvertes. Pourtant, malgré un manque d’originalité patent, des éléments retiennent fermement l’attention, et c’est justement ce mélange qui fait la différence.

Bien décidé à voir le fri-fri de la princesse, le mystérieux chevalier chasseur de dragon fait des heures supp’ et commence à obtenir des résultats. Ce n’est pourtant pas sans quelques soucis, la chasse aux dragons comportant quelques risques, au nombre desquels les brûlures au 5e degré, thermostat 16. Heureusement, le mystérieux chevalier cicatrise tout aussi mystérieusement et à une vitesse à peine croyable. Il passe ainsi de l’état de biscotte à celui de victime d’accident de vélo dans l’allée du jardin en à peine une semaine. De l’autre côté du royaume, le jeune garçon blond, qui assure comme une bête au lancé de
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bâton, décide de suivre une troupe de gladiateurs de foire, persuadé que son destin passe par l’apprentissage de nombreuses formes de combats. Une fois à l’âge adulte, il prendra la direction de la tanière des dragons, histoire de vérifier leurs cartes de séjour.

Christophe Bec continue sa chasse aux monstres dans un décor de jeux de rôle avec des personnages aux faciès de star de cinéma, et développe une histoire aux contours classiques et dont on se fait une idée assez précise quant à sa conclusion. Des personnages (et des monstres)  stéréotypés à l’envie, tant dans leurs attitudes que dans leurs apparences, des situations convenues et prévisibles, bref, rien de très nouveaux. Et pourtant on ne peut s’empêcher de suivre le fil avec un intérêt réel, en se persuadant que ne pas continuer, ce serait rater quelque chose. Faut-il y voir l’assouvissement primaire de pulsions inavouables, dans le déballage de ces évènements héroïques et violents, où les hommes affrontent des monstres avec détermination dans un combat inégal ; où un petit garçon, fils de fermier, prend en main son destin pour devenir le champion de la jolie princesse dont, soit dit en passant, on aperçoit le string en transparence ? Ainsi, ce ne serait pas tant l’histoire qui importerait, mais bien la manière. Et il faut reconnaître que celle-ci est élégante sous les  traits d’IKO, qui emprunte aux comics son interprétation des évènements et qui donne à ce récit d’heroic fantasy toutes les caractéristiques que l’on est en droit d’en attendre, conservant malgré tout une certaine humilité.

Faut-il, sinon, mettre l’intérêt porté à cet histoire sur le compte des rares bribes d’éléments nouveaux, comme cette prophétie dont on ne sait pas trop à qui elle fait référence, ou cet étrange lien existant entre les origines des dragons et du jeune garçon. Ces éléments bien maigres ne suffiraient pas, à eux seuls, pour sauver une autre histoire, mais dans ce fatras de convenances, ils subsistent comme par magie du fait de leur imprécision. Parsemés sur la longueur, ils  ne volent jamais la
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vedette au fond, mais l’ornent de telle manière qu’ils restent en tête tout au long de l’album.

Difficile de trancher. Reste qu’avec ce deuxième tome, les auteurs accrochent encore le lecteur à leurs pages, lui servant une histoire au déroulement qui ne traîne jamais et qui assume pleinement son héritage heroic fantasy, en en respectant les codes, physiques et psychologiques, qui en firent un genre populaire. L’accent est indéniablement mis sur les actions des personnages et sur l’aspect valeureux de celles-ci, comme miroir de leur personnalité. Seule véritable but de l’histoire, cette mise en avant des caractères permet, par exemple, de se foutre allègrement des contraintes temporelles sans que personne n’y trouve rien à redire, faisant en sorte que la princesse continue d’avoir 20 ans tant qu’un des personnages principaux devienne assez vieux pour la mettre dans son lit. Dans ce genre d’histoire, ceci est un détail, car ce qui compte vraiment, c’est que la princesse et le héros aient le sourire à la fin, avec si possible, un peu de sang sur le bas du pantalon.

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