3/10Tendre Banlieue

/ Critique - écrit par iscarioth, le 20/04/2005
Notre verdict : 3/10 - Old school, plus de vingt ans que j'y roule (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 3 réactions

Tendre banlieue est un pire condensé de clichés, de maladresses et de guimauve que les plus mauvaises réalisation de commande de Derib (No Limits). Une performance qu'il fallait réaliser.

Une histoire, un concept

La série Tendre Banlieue parait pour la première fois dans le magazine Okapi en 1982. Tito, dessinateur d'origine espagnole, est le créateur de cette série qui perdure (un s2203355107_0g_250.eizième tome est paru en 2004). L'auteur raconte. « J'ai toujours été agacé par l'image que montrent les médias [de la banlieue] : un aspect négatif, des incendies de voitures... Je ne nie pas les difficultés mais j'ai aussi envie de dire que beaucoup de gens y vivent heureux ! Le titre était prémédité... La banlieue, c'est doux-amer, c'est comme la vie ». Tendre Banlieue est une série sans véritable héros, qui s'attache à développer différents thèmes de la vie quotidienne : l'amitié, l'amour, le chômage, le racisme, la drogue, le handicap, les maladies, les violences physiques et verbales, les problèmes familiaux... Avec Tendre Banlieue, Tito gagne le public adolescent. L'auteur, dès ses débuts, reçoit de nombreuses lettres de lecteurs touchés par ses sujets. « J'ai de plus en plus de fidèles que je rencontre lors de séances de dédicaces, par exemple. Au-delà du divertissement, ils retrouvent leur univers et s'identifient aux personnages [...] Ils me racontent le divorce de leur parent. Je suis très touché, et en même temps encore plus responsabilisé ».

Epuré et gentillet

Tito a le mérite de se frotter au quotidien, aux diffic220335514x_0g_250.ultés rencontrées dans les établissements du secondaire, en banlieue. Peu d'auteurs de bandes dessinées peuvent se vanter d'avoir investi aussi puissamment les thèmes de la vie quotidienne. Le dessinateur met en scène une jeunesse qui en veut, qui fait de la musique, qui essaye de s'en sortir et qui est bien souvent victime. Seulement voilà, si les thèmes abordés sont bons, leur traitement manque considérablement de crudité. Dans Tendre Banlieue, presque pas d'injures. Tous les personnages s'expriment dans un français très correct, avec très peu d'argot. On est loin d'un style documentaire. La plupart des albums de la série sont tellement consensuels et décalés qu'on croirait à un éventuel « Tintin chez les banlieusards ». Les sujets les plus difficiles sont abordés avec beaucoup de retenue. Pas de violence physique ou verbale trop poussée. C'est tout juste si nos jeunes amis ne s'envoient pas des « saperlipopette » au visage. En conséquence, on a du mal à y croire. Même si les thèmes évoqués sont universels, leur traitement ne reflète pas du tout ce que l'on peut voir à la sortie des collèges et lycées de nos jours. Tendre Banlieue est une version très édulcorée du réel. La série ne reflète pas les intolérances, les agressivités et les violences qui peuvent se déchaîner à l'âge adolescent si sensible.

Zéro pointé ?

« Ce que je cherche à faire passer dans mes bandes dessinées, avant tout, c'est de l'émotion ». Cette phrase est l'une de celles qui ponctuent presque chaque album de la série. A trop se laisser déborder par les sentiments, on en devient chétif et insipide. Des thèmes comme l'amitié ou l'amo2203355018_0g_250.ur sont traités avec beaucoup de mièvrerie et de simplisme. Ce n'est pas dans Tendre Banlieue que vous pourrez dénicher des psychologies de personnage très pointues. Ce coté niais, simpliste et mièvre en rajoute au manque de crédibilité de l'oeuvre de Tito. Quant au style, il n'arrange rien à l'affaire. Le dessin, la coloration, la mise en cadre... Tout, absolument tout, dans Tendre Banlieue, déborde de classicisme, dans le sens le plus péjoratif du terme. Alors... Que dire de positif ? On peut trouver quelques vertus pédagogiques à la série. Avec des histoires simples, Tito tend toujours à faire l'éloge de la tolérance et du respect d'autrui. Tendre Banlieue est utilisé dans un bon nombre d'établissements du secondaire, notamment les lycées professionnels. On trouve aussi la série dans de nombreux CDI.


Tendre banlieue est un pire condensé de clichés, de maladresses et de guimauve que les plus mauvaises réalisations de commande de Derib (No Limits). Une performance qu'il fallait réaliser.


Liste des albums (mise à jour au 5 novembre 2007) :

Tome 1 - Virginie (1983)
Tome 2 - Le grand frère (1984)
Tome 3 - La briqueterie (1985)
Tome 4 - Le bahut (1988)
Tome 5 - Samantha (1991)
Tome 6 - Le tournage (1991)
Tome 7 - Le cadeau (1992)
Tome 8 - La signature (1993)
Tome 9 - Madrid (1994)
Tome 10 - Les yeux de Leïla (1995)
Tome 11 - Le Prof (1996)
Tome 12 - Regarde-moi (1998)
Tome 13 - Le père de Julien (1999)
Tome 14 - Appel au calme (2000)
Tome 15 - Le pari (2003)
Tome 16 - Secret de Famille (2004)
Tome 17 - L'intrus (2005)
Tome 18 - Photos volées (2006)

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