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6.5/10Symposium

/ Critique - écrit par Maixent, le 02/06/2019
Notre verdict : 6.5/10 - La pipe c'est pas automatique (Ecrivez votre critique)

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Soigner par la sexualité

Symposium part de ce principe que la sexualité peut être bénéfique à la santé. Cette idée a déjà a été prouvée, si l’on excepte bien sûr les cas d’addiction et les MST mais Chéri pousse ici le concept plus loin et propose la sexualité comme dérivatif à la médecine traditionnelle pour soigner à peu près tous les maux et nous emmène lors d’un colloque où justement ces nouveaux traitements vont être dévoilés.


Intervention d'urgence

 

On y suit Gabrielle, fervente défenseuse de son programme. Femme libérée, elle n’hésite pas à s’investir personnellement pour ses idées malgré un public souvent moralisateur peu à même d’accepter des pratiques de dépravés. En effet, persuadée que le sexe est la clef de tout, non seulement pour aider des patients, mais aussi pour résoudre des conflits, elle applique ses principes sans se soucier de la gêne qu’elle pourrait occasionner dans un monde pudibond. Et si la méthode fonctionne la plupart du temps, la façon de présenter les choses n’est pas toujours au point. Elle se fera donc rembarrer face aux sérieux médecins jusqu’à pouvoir prouver à tous que malgré son extrémisme, il serait peut être temps de prendre en considérations le pouvoir de l’érotisme et de la sexualité dans la question du bien-être.

On oscille donc en permanence entre la fragilité de Gabrielle, confrontée à un monde qui la rejette et pourtant la désire et sa liberté, voire sa détermination. Elle n’hésitera pas par exemple à branler simultanément deux de ses condisciples pour apaiser la brouille naissante entre eux mais se fera violemment rejeter quand elle voudra sucer son collègue sur une impulsion subite. Chéri joue donc avec le lecteur avec une héroïne complexe désireuse de vivre pleinement sa sexualité, bien loin des stéréotypes de la bande dessinée pornographique où souvent les femmes ne sont qu’objets. Là, on a une réelle empathie pour l’héroïne, ce qui est d’ailleurs mis en valeur par sa relation avec l’auteur. Gabrielle brise le troisième mur via son téléphone portable, s’adressant à Chéri par textos, amant bienveillant soutenant sa création tel un amant fier et compréhensif face à sa compagne.
Se rapprocher de la concurrence

 


Régler les conflits

 

Il est dommage que le dessin ne suivent pas tout le temps. Car si les textures sont bien rendus et les dégradés de gris ou les noirs profonds s’accomodent très bien de ce huis-clos hors du temps, il n’en est pas de même du traitement des visages et on a parfois l’impression d’avoir affaire à des poupées de chiffon monstrueuses même si tous sont bien reconnaissables.

De bonnes idées donc mais aussi de nombreux défauts graphiques ou scénaristiques. On a du mal à croire à toute cette histoire et à la réalité des personnages. Gabrielle se tape quand même tout ce qui bouge, du flic qui l’arrête pour excès de vitesse à sa collègue et rivale jusqu’au mécène en charge du symposium. Du coup on ne sait plus trop si on doit se situer dans les faits ou dans le fantasme. Il faut reconnaître tout de même que Chéri renouvelle le genre de la sexualité hospitalière et de l’image d’Epinal de l’infirmière nymphomane avec une certaine intelligence et beaucoup de bienveillance.

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