7/10Sybil, la fée cartable - Tome 1 - Nina

/ Critique - écrit par athanagor, le 20/02/2009
Notre verdict : 7/10 - Pokefée (Ecrivez votre critique)

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Rodrigue a posé les crampons et pris une douche pour aller travailler avec une paire d'illustrateurs italiens déjà connus de nos services, et le résultat fait plaisir à voir.

Nina est une petite fille pour qui la vie n'est pas très facile, à l'image de beaucoupC'est quoi ce crayon ?
C'est quoi ce crayon ?
d'autres d'ailleurs. Ses parents viennent à peine de se séparer, la laissant seule avec une mère un peu débordée par les évènements et enchaînant les rendez-vous avec des boulets, et un petit frère, certes chouette bonhomme, mais pas très âgé et ne parlant pas encore, et donc  à la compassion limitée. A l'école non plus tout n'est pas rose. Fréquemment harcelée par Lorie, la bimbo chouchou de la prof, Nina est également la tête de turc favorite de sa professeur. Ainsi ses journées sont plus noires que celles des brokers de Wall Street en pleine crise du Dow Jones. Mais dans toute cette grisaille va surgir un rayon de soleil, Sybil, la fée apparue dans le cartable de Nina, dont le seul but apparent est d'amuser la jeune fille et de lui rendre la vie un peu moins rude. Accompagnée de son valet de chambre, le Pandigole, qui ne fait rien d'autre que manger, et usant de ses pouvoirs, Sybil va transformer la vie monotone de Nina en une succession d'aventures palpitantes. Cependant le petit esprit domestique n'est pas là que pour l'amusement de Nina. Elle semble plus probablement être apparue dans le cadre de la réalisation d'une prophétie dont Nina serait l'épicentre.

Nous avons déjà eu l'occasion de discourir sur deux des auteurs en présence. Michel Rodrigue le scénariste, pour Clifton et Cubitus, et Antonello Dalena, pour Ernest & Rebecca. A cette occasion, il travaillait avec Guillaume Bianco, lui-même auteur de HOT DOG, dont les couleurs étaient assurées par Cecilia Giumento, ici présente, également aux couleurs. Vient s'ajouter à l'équation l'alter ego de Dalena, Manuela Razzi, qui fit ses études avec lui à l'école Disney de Milan, et eu déjà l'occasion de le seconder (ou le compléter, lui crayonnant, elle encrant) sur le troisième tome que Dalena réalisa de la série Monster Allergy. Quand on regarde de plus près, la seule ombre apparente au tableau, c'est Rodrigue. Plus habitué à du franco-belge brut de décoffrage et à l'humour façon troisième mi-temps, l'image que La taverne des monstres
La taverne des monstres
l'on peut se faire du bonhomme colle assez mal avec l'ambiance teintée de manga que les illustrations développent ici.

Pourtant, et la surprise est de taille, l'équation se résout avec bonheur. Les identités graphiques étant proches, seul le scénario pose question, et une fois n'est pas coutume, Rodrigue s'en sort très bien avec cette histoire, destinée s'il faut l'en croire et en premier lieu, à sa filleule de 10 ans. Le tout, jugé à l'aune du public pour lequel il est élaboré, est divertissant, bien construit, imaginatif, cohérent, bref tout ce à côté de quoi Rodrigue passe dans le tome 21 de Clifton, et on se laisse prendre, avec un grand sourire aux lèvres, par le fil des aventures de cette petite fille. On imagine alors aisément le plaisir de la filleule du scénariste et des enfants du même âge à la lecture de l'ouvrage, calibré pour des concentrations encore jeunes. En effet, l'histoire de ce premier tome ne remplit que 38 pages, puis les huit dernières planches déroulent des sketches en une page, qui permettent autant de se reposer l'esprit après toutes ces pérégrinations, que de se familiariser avec les personnages et leurs personnalités. Habile solution s'il en est, qui permet d'attacher le lecteur à ces héros, en les ancrant dans une perspective plus quotidienne. On est encore plus surpris par le bonLorie, c'est comme Bob Morane.
Lorie, c'est comme Bob Morane.
résultat de l'ensemble sachant que le scénariste et les dessinateurs communiquaient par interprète interposé.

Un début de série très sympathique donc, pour le public visé, comme l'était déjà, mais un peu plus au second degré, Ernest & Rebecca. Notons d'ailleurs au passage la banalité du pilier narratif que constitue, pour Sybil comme pour Ernest, le divorce des parents. Semblant témoigner fortement de l'identité de notre époque, on franchit, dans l'ouvrage présent un palier supplémentaire : Lorie la peste est, selon Nina, insupportable car ses parents sont encore ensembles. Il est dès lors assez étrange de se dire que les auteurs ont peut-être choisi de préciser cela, pensant que la majorité des enfants qui viendraient à lire cet album ne pourraient qu'opiner favorablement, étant eux-mêmes des enfants de parents séparés.

Si ça, ça fait pas froid dans le dos...

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