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1/10Surprise Surprise

/ Critique - écrit par Maixent, le 17/05/2014
Notre verdict : 1/10 - Mauvaise prise (Ecrivez votre critique)

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Jeux BDSM ou dénonciation de la violence?

Greg est un très beau connard comme on en fait plein. Sur de lui, bassement dominateur et arrogant, il s’arroge le droit de profiter et d’abuser de Lisa sous un prétexte fallacieux. Mais quelques années après le viol, il est maintenant à la merci de sa victime aidée d’une amie, bien décidée à se venger.


Viol
Le gros problème de l’album est son manque de clarté. Un auteur ne doit pas forcément juger ses personnages mais tout ce qu’a pu faire Greg semble normal. Alors certes, la vengeance est consommée lorsqu’il se fait enculer à sec par Lisa et son monstrueux gode ceinture mais on reste toujours dans le jeu. On ne sait pas trop si l’on a à faire à une scène BDSM dont le but est le plaisir entre adultes consentants, et ce, malgré les pratiques extrêmes ou s’il s’agit de dénoncer quelque chose. Lisa lui annoncera même qu’il va « découvrir l’ultime plaisir… Quand la contrainte se transforme en jouissance. » Je doute que quiconque ayant subi un viol retrouve son agresseur dans un tel état d’esprit.

Il semble que l’auteur ait voulu calquer son propre univers sur l’histoire sans prendre en compte la
Vengeance
subtilité de tout cela. En effet, sincèrement passionné par l’univers BDSM, Axterdam en est devenu le chantre, étudiant l’ensemble des pratiques comme un témoin muet, croquant une ambiance souvent sulfureuse. Que ce soit dans Itinéraire d’un soumis ou Indiscrétions qui ont un aspect plus « documentaire », Axterdam a su apporter un regard bienveillant à ce monde souvent mal compris. Là, en s’attaquant à de la fiction qu’il ne maîtrise pas, il perpétue l’amalgame qu’ont les néophytes d’un monde déviant où le plaisir règne en maître et où tout est permis sans aucune retenue.

L’idée de base en soi n’est pas mauvaise. On se souvient tous de Lisbeth Salander lorsqu’elle réussit à inverser les rôles et à se venger de son tuteur, Bjurman qui abusait d’elle. On repensera aux héros de Chloé Saffy dans Adore, Verlaine et Anabele. Dans ce huis clos, Verlaine était rivé à sa chaise, emprisonné face à son amante qui prend la liberté de pouvoir tout dire, tout faire. Que ce soit dans la violence sourde et direct de la trilogie Millenium ou en intellectualisant l’acte de manière psychanalytique, le fait d’attacher un homme pour se venger n’est pas anodin et ne doit en aucun cas servir de prétexte à des scènes de sexe.

D’ailleurs les scènes de sexe sont assez mal rendues. Les esquisses  en début et en fin d’ouvrage sont remarquables, croquant une attitude, un mouvement et une énergie. En revanche tout ce qui fait le corps de l’album semble bâclé à force d’être retravaillé. Trop d’à peu près, de changements de proportions et de manque de cohérence sur l’ensemble. Si l’échelle et les cordes qui servent à attacher Greg sont  bien rendues, les détails du corps seront négligés et inversement à la case suivante.

Au final tout l’album est bancal et on n’y croit pas une seule seconde. Il eut été plus cohérent de gommer l’aspect narratif pour s’intéresser à une série d’ébats dans un donjon, ce qui aurait donné un aspect plus érotique et gommé cette fausse idée de justice implacable et de féminisme outrancier que l’on pouvait voir dans un film comme Boulevard de la Mort.

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