5.5/10SuperWorld - Ghetto Party - This is how we party !

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 03/11/2013
Notre verdict : 5.5/10 - Ghetto Superstar ! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Premier tome et premier comics pour Jean-Marc Rivière qui, malgré quelques défauts de jeunesse parvient à harponner les petits curieux que nous sommes !

Les comics se déroulant en France ne courent pas forcément les rues alors lorsque les super-héros vivent sur le champ de Mars, il est normal d’aller voir ce que ce premier album propose. À la barre, Jean-Marc Rivière, auteur de roman (comme les Larmes de Machiavel chez Belfond ou le Sculpteur d'âmes chez Fleuve Noir) qui décide, pour ses quarante ans, de tenter de nouvelles directions artistiques dont le comics fait partie. Pour l’accompagner dans sa quête, il s’adjoint les talents de Francesca Follini, une jeune dessinatrice Italienne, qui s’est fait connaître chez nous avec La Nouvelle Guerre des boutons. Un album, donc, très européen pour traiter de super-héros.

SuperWorld - Ghetto Party - This is how we party !
Génération Y même avec des pouvoirs ! 
Dans SuperWorld, les super-héros ont disparu. Dans ce monde, ils vieillissent, fondent des familles, possèdent des capacités supérieures mais ces post-humains ne courent pas les rues. En effet, après la première génération qui a sauvé l’humanité de milles menaces, la seconde génération a disparu en installant un bouclier protecteur autour de la planète. Nous découvrons donc cette troisième génération, vivant dans le « ghetto » : sorte de résidence de millionnaires hyper surveillée par le gouvernement mondial (dont Obama est le président). C’est dans ce monde que Tamara tente de survivre. Fille de Zoltar, le plus grand des héros, elle vit dans le ghetto et tente de raisonner ses amis qui vivent comme des enfants gâtés. Tamara, en outre, n’a pas développé de pouvoirs, ce qui rend sa situation très ambivalente car elle n’appartient à aucun des deux mondes (humain et post-humain). La situation est tendue entre les deux communautés et les évènements du premier volume vont nous aider à comprendre tout cela tout en suivant les derniers faits qui vont donner tout le piquant que l’on attend d’une aventure. Si certains personnages sont un peu trop caricaturaux, on apprécie le travail de fond sur la composition du monde et sur le retournement de situation en fin d’album. Sans rien dévoiler, on peut dire que notre curiosité est piquée. 

En effet, Rivière connaît ses classiques et on peut dire que son monde de super-héros emprunte un peu de Watchmen avec ses générations de héros et la vision d'un gouvernement mondial fondé après une catastrophe majeure. Mais puisque Rivière est romancier, on peut également faire le rapprochement avec La Vie Sexuelle des Super Héros de Marco Mancassola dans lequel les héros vieillissent et fondent des familles. Un monde dans lequel les gens sont blasés par ses surhommes dont ils ne voient pas toujours l'utilité et où les nouvelles générations doivent répondre à de nouvelles exigences. Rivière prend un virage moins sombre et moins sexuel mais ses personnages et notamment Tamara ont du pain sur la planche puisqu'ils doivent trouver leur place tout en préservant l'héritage héroïque de leurs aïeulles.

Sur le fond, de bonnes choses donc mais qui sont atténuées par la longue présentation de la vie lycéenne de Tamara ou de son "rival". Cet aspect fait trop "déjà vu" lorsque l'on a vu 258 séries sur des ados dans un lycée. Surtout que cette partie a assez peu servi le récit puisque l'enterrement du début suffisait à poser les bases pour expliquer le statut de Tamara. Rivière aurait pu suivre les traces de Kirkman dans Invincible où le lycée est très peu présent pour mieux mettre en avant l'intrigue.

Visuellement, je suis un peu plus mitigé. Nous avons bien des super-héros mais nous ne sommes pas dans un graphisme d’héroïsme à l’américaine. Nous sommes dans un travail très européen qui rappelle la bande dessinée destinée à la jeunesse. En écrivant cet article, cela a fait remonter le souvenir de Powa qui n’est pas si éloignée de SuperWorld visuellement (mais SuperWorld est largement au dessus, j'en rajoute lorsque je fais des comparaisons pareilles). En effet, les grands yeux, les proportion des visages ou la gestion des corps lors de l'utilisation des pouvoirs ne sentait pas l'héroïsme De même l'utilisation des couleurs et des ombres me semblait un peu flashy. Certes, ce sont les goûts et les couleurs mais si un comics veut utiliser un graphisme plus exagéré, il  est préférable d'y aller à fond (même si j'ai apprécié les poils sous les aisselles lors du discours du grand rival de Tamara) et de mettre un max de détail pour attirer l'oeil du lecteur à l'instar d'un Toni Chu qui joue la dérision à fond tout en montrant une belle maîtrise des ombres et des dimensions.Un premier album qui est donc sur une corde raide puisqu’il a le potentiel pour réussir tout en étant capable de tomber dans des écueils sans fonds. En effet, Rivière a posé des background intéressants avec son gouvernement mondial, la disparition de Zoltar et des autres héros ou encore de Tamara et ses secrets. L'intrigue peut devenir riche avec un choc de génération intéressant. Mais cette série peut aussi tomber dans une certaine banalité si les tensions évoquées ne font pas en profondeur avec de véritable rémise en question des différents camps. De même, la maîtrise de l'humour sera cruciale dans ce processus puisque l'on peut aussi bien passer de la satyre au "pipi-caca".

SuperWorld - Ghetto Party - This is how we party !
Le passage de témoin ? 

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse