8/10Le Spirit - 2007-2008 - Le jour des morts

/ Critique - écrit par riffhifi, le 17/04/2009
Notre verdict : 8/10 - Spirit well (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 2 réactions

Darwyn Cooke mitonne ici un bon petit mélange d'invasion zombie et d'hommage au Spirit de Will Eisner. Le tout parsemé de très bon mauvais esprit.

La première année se clôt en beauté pour Darwyn Cooke et son Spirit relooké : après un épisode spécial laissé aux mains de quelques confrères, Cooke reprend les commandes pour ces quatre numéros particulièrement réussis... Pour peu Le jour des vivants
Le jour des vivants
qu'on apprécie le style graphique cartoonesque du bonhomme, plus proche de la ligne claire franco-belge que du réalisme vers lequel tendent généralement les comics super-héroïques. Mais le scénariste-dessinateur cherche avant tout à retrouver l'esprit du Spirit (ahah, oui, hum, pardon) original, celui de Will Eisner qui mêlait la verve enjouée à la noirceur du sujet. L'hommage se retrouve jusque dans les doubles pages consacrées aux titres, qui reprennent la volonté de styliser le mot "Spirit" d'une façon chaque fois différente.

En quatre épisodes, le Spirit vit trois histoires aux tons bien distincts. Dans le #9 et le #11, Denny Colt est confronté à une invasion de zombies menée par El Morte, résurrection de l'homme qui est mort le même soir que lui (mais s'en est sorti avec une apparence bien moins ragoûtante que celle du héros). Dans le #10, conçu comme une parenthèse au milieu de l'intrigue d'El Morte, la mort d'une militante gauchiste ultra-médiatisée mène le Spirit sur les traces de ses opposants de droite : la conclusion ne laisse pas de surprendre, voire de déconcerter (le Spirit lui-même semble avoir traversé l'histoire en spectateur abasourdi). Et dans le dernier épisode du recueil, qui correspond au premier numéro daté de 2008, Denny Colt retrouve son amour d'enfance Sand Saref (incarnée au cinéma il y a Esprit frappé
Esprit frappé
peu par Eva Mendes). En un temps record, Darwyn Cooke aborde donc la jeunesse du Spirit, un point critique de son existence, une histoire de morts vivants et de zombies, la question des (nouveaux) médias et de la politique sous une forme cynique et rentre-dedans (bien que finalement un peu superficielle), et parvient à caser tous les personnages récurrents en ménageant à chacun un espace d'expression : le commissaire Eustace Dolan, sa fille Ellen, le jeune sidekick Ebony White, la femme fatale Sand Saref et le super-vilain Octopus dont on ne connaît pas le visage (non, ce n'est pas Samuel L. Jackson. Non.).

Avec son dessin tout rond et ses couleurs franches, Cooke parvient sans effort à rendre "tout public" des péripéties à base de cadavres putréfiés, et même à faire passer quelques séquences franchement gores ou dérangeantes comme autant de lettres parfumées à la Poste du coin. Mélangeant habilement la légèreté au drame, il fait de son Spirit une lecture diablement divertissante et agréable à l'œil. Vivement le tome 4, bien que les histoires ne soient pas conçues comme un feuilleton "à suivre".


The Spirit #9 - El Morte
(octobre 2007)
The Spirit #10 - Death by Television / Mort à la télévision (novembre 2007)
The Spirit #11 - Day of the Dead / Le jour des morts (décembre 2007)
The Spirit #12 - Sand (janvier 2008)

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