3/10Sphères - Tome 1 - Leyla

/ Critique - écrit par athanagor, le 25/04/2008
Notre verdict : 3/10 - Ne laissons pas Sphères (Ecrivez votre critique)

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Mais quelles sont ces sphères qui soutiennent cette satanée histoire ?

En l'an de grâce 2035, le 15 avril exactement, un vieux sourcier et ses copains découvrent par mégarde ce qui semble être un site archéologique de première importance. Immédiatement dépêchée sur place, Itza Holl, anthropologue mondialement connu, qui pose pour l'Oréal à ses moments perdus, va faire une découverte incroyable : une jeune femme qui accuse facilement les 37 035 ans est retrouvée dans un état de conservation à peine croyable. Et le plus beau, c'est qu'un souffle de vie parcourt toujours son corps, apparemment conservé par la force mystérieuse émanant de la sphère qu'elle tient serrée contre elle.
Ni une, ni deux, un vilain commando d'élite de l'ONU et tous les généraux imbus de leur pouvoir qu'on a pu trouver débarquent pour s'approprier la découverte comme des gros malpropres et transformer le tout en quelque chose qui puisse servir en cas de conflit. Verts de rage, les anthropologues décident de ne pas se laisser marcher sur les pieds impunément, même par des militaires, et prennent les armes pour mettre leur découverte en sûreté, loin de la fourberie libérale et inhumaine de ces salopards en uniformes. En parallèle à ce récit trépidant, incroyablement original, et d'une finesse qui défie les limites de l'imagination, on apprend l'existence de deux autre sphères en Egypte et au Guatemala.
Mais que va-t-il se passer ?

Et surtout : qui cela intéresse vraiment ?

Serge Perrotin qui a su montrer un véritable talent de scénariste dans le premier tome de L'autre terre, pond ici une intrigue à la fois facile (car comme toujours c'est les méchants militaires qui viennent gonfler les gentils scientifiques) et tirée par les cheveux. Le tout a une telle tendance à éveiller l'esprit critique, malgré la gazeEnglish blazer
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d'ambivalence prudemment jetée sur le caractère des personnages, qu'il s'est senti obligé de placer son récit dans le futur, pour limiter les commentaires sur ses choix, comme par exemple cette ridicule junte militaire onusienne, dont la crédibilité dépasse à peine celle d'un enfant déguisé en Spider-Man. Présentée comme une force hégémonique, elle renvoie aux clichés qui ont généralement cours dans les récits d'anticipation qui tentent d'alerter le lecteur sur les dérives militaristes que nous promet notre mode de vie, en y rajoutant ici une petite pincée de mondialisation qui vous a de la gueule dans les dîners. De plus, et pour coiffer le tout d'un certain ridicule, les seuls véritables adversaires de cette armée mondiale, qui n'a plus de pays à conquérir ni à défendre, sont des hordes de pacifistes chevelus et sans armes, dont le seul talent est de servir de cible mobile aux forces d'interventions anti-émeutes, armées jusqu'au bord du casque. En somme, on se demande quel intérêt militaire peut véritablement revêtir une sphère de longévité, vu le peu de risque que courent les hommes sur le terrain.
On supposera donc que vers le tome 2 ou 3, nous apprendrons avec stupéfaction que les dirigeants de cette armée toute-puissante s'en sont servis pour se procurer la sphère à des fins personnelles... surtout, ayez l'air surpris, ça leur fera plaisir !

Pour ce qui est du fond, ça sent la resucée d'histoire d'extra-terrestre à des kilomètres. Avec des petits hommes gris qui soit nous reconnaissent comme leurs descendants, soit se disent qu'on vaut peut-être le coup de ne pas être exterminés et donc nous font cadeaux de sphères philosophales qui détiennent le secret de la vie. Mais tout ceci n'est que spéculation. Accordons donc le bénéfice du doute et doutons ensemble.

Sympa la montre !
Sympa la montre !
Concernant l'illustration, pour ce cas en particulier, mais également d'une manière de plus en plus générale, il va bien falloir se rendre à cette évidence que plus le dessin se pique de réalisme, plus il idéalise son sujet. L'héroïne qui est, comme indiqué plus haut, une anthropologue de renom, est en plus une femme d'une grande classe, gaulée comme une reine, et son assistant tout aussi compétent qu'elle en matière de science, ressemble à un ancien champion de body building reconverti dans la coiffure pour messieurs. Ils ont du style, ils se la pètent et s'offrent même le luxe de foutre la honte à des militaires surentraînés, avec pour seules armes du matériel de fouille archéologique, que l'on trouve dans toutes les bonnes armureries en 2035. Trop de forme pour trop peu de fond donc.

En bref, le tout est si mal ficelé qu'on a vite fait de perdre le peu d'intérêt suscité par la couverture. Ce qui serait vraiment dommage dans l'éventualité où les auteurs auraient réussi à mettre au point une histoire géniale, car ils n'auraient pas pu trouver une façon plus mauvaise de la présenter au lecteur, le décourageant ainsi d'une manière irrévocable de s'enquérir de la suite.

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