6/10Shooting Star : Marilyn Monroe

/ Critique - écrit par iscarioth, le 14/06/2006
Notre verdict : 6/10 - Maigrichon (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - laisser un commentaire

Lire Shooting star, Marilyn Monroe, c'est comme regarder un long film en avance rapide. On survole, on se précipite et, au final, aucune saveur ne nous reste en bouche.

On se souvient des collections BD qu'on a lues, enfants, sur de grands personnages mythico-historiques tels Alexandre le grand, Clovis, Charlemagne ou Jeanne d'Arc. Différentes collections s'attachaient à nous conter l'histoire en BD. C'est un peu le même type de pari que se lance Casterman avec sa collection Rebelles. Mais ici, exit les Clovis et autres Napoléon, on parlera de héros moins ringards, plus contemporains, plus... "rebelles". « Ils ont voulu changer la vie et tous sont morts tragiquement ». Après s'être lancé sur la base du visage le plus populaire et vendu au monde, celui de Che Guevara, la collection poursuit son bonhomme de chemin avec la plus grande étoile que le cinéma ait jamais connu, Marilyn Monroe.

" I wanna be loved by you... "


Jean-François et Marie Charles sont les scénaristes bien connus d'une série phare de chez Glénat ; Les pionniers du nouveau monde, débutée en 1982 et pas encore achevée. Avec Shooting star, le couple trace un deuxième grand sillon dans sa carrière. On sent les scénaristes documentés. L'album évoque les grands traits de la vie de Norma Jean Baker, alias Marilyn Monroe : ses mariages, Yves Montand, Arthur Miller, les Kennedy, la Fox... Le tout est abordé par séquence, de manière déchronologique, avec un éventail allant de 1932 à 1962. Première surprise, l'album est graphiquement élaboré. Kas, qui a réalisé le très remarqué Halloween Blues, officie au dessin et à la couleur. Les vignettes semblent avoir été réalisées sur des toiles, en couleurs directes. Certaines planches sont très détaillées (page 26), d'autres semblent avoir été plus rapidement exécutées (page 43). L'effort est louable même si le travail de Kas manque parfois de régularité. Autre point noir, le personnage de Monroe ne ressemble physiquement qu'un peu à celui que nous connaissons par le biais des films et photographies.

La vie sur 47 pages

Réaliser la biographie d'un personnage, quel qu'il soit, en 47 pages, représente un défi difficile à relever. La vie de quiconque est plus complexe que le plus paginé des romans. Le scénario du couple Charles s'exprime par flashs. Plusieurs événements précis sont juxtaposés avec cohérence et transition et permettent au final de construire une histoire. Une histoire tout de même bien mince, il faut l'avouer. Ceux qui sont déjà un minimum au courant de la vie de Marilyn Monroe n'apprendront strictement rien dans cet ouvrage qui s'était pourtant fixé comme objectif de "démystifier les images". Les Charles nous racontent Monroe comme des centaines d'autres nous l'ont décrite avant eux : méprisée, cantonnée dans son rôle de blonde légère, sentimentalement carencée et déboussolée. Beaucoup de dialogues sont mis en place très artificiellement et n'ont d'autres buts que d'exposer, de résumer une situation.


Lire Shooting star, Marilyn Monroe, c'est comme regarder un long film en avance rapide. On survole, on se précipite et, au final, aucune saveur ne nous reste en bouche.

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse