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4/10Sexxion X

/ Critique - écrit par Maixent, le 20/10/2019
Notre verdict : 4/10 - Nazi fait moi mal (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Nazisploitation.

Les nazis, les lacs recouverts de brouillard avec un château inquiétant, des chauve-souris et une forêt angoissante, des résistants et des cachots humides propices à toutes sortes d'expériences. Il est surprenant que la nazisploitation soit devenu un genre à part entière, régit par des codes qui lui sont propres.


Torture allemande

 

Genre développé dans les années 70 avec notamment le Portier de Nuit qui mêle sexe trouble et sadomasochisme extrême, il a contribué à faire passer le nazisme dans la pop culture avec une flopée de films de série B ou Z mais aussi des films carrément pornographiques. Le nazi n'est plus que caricature, comme une catharsis nécessaire à la dénonciation d'une barbarie inhumaine. Souvent ridiculisé et stéréotypé, il devient une marionnette grotesque et on a pu le voir récemment chevaucher des dinosaures dans Iron Sky ou zombifié dans Dead Snow. Sans parler de Overlord produit par J.J. Abrams qui vise carrèment la grosse production hollywoodienne. Hélas, à de rares excpetions près, malgré des idées assez séduisantes et grand-guignolesques, on a rarement de bons films tant on oscille entre le malaise, l'humour potache et le sexe racoleur. Cet album n'échappe pas à la règle, et malgré quelques trouvailles intéressantes, le changement de registre et l'exagération partout présente donne un ensemble bancal.
So cliché

 

Tout commence donc dans une atmosphère lugubre avec des tortures raffinées rappelant celles vue dans SM le maudit qui se situe dix ans auparavant et joue aussi sur les codes de l'esthétique allemande. Et si les premières planches sont plutôt satisfaisantes, utilisant sans vergogne les clichés du petit nazi teigneux et frustré portant monocle ou ceux de la beauté germanique froide et cruelle, on perd pied assez vite avec l'arrivée des résistants. Eux aussi dans la caricature, on passe d'un coup de la rigueur teutone exagérée à l'humour franchouillard franchement vulgaire. On alternera ensuite entre les deux, ce qui déséquilibre pas mal l'album, surtout si on y cherche une source d'excitation.


L'absence de consentement, un truc de nazis

 

La mission des résistants est de récupérer le capitaine Bergerac, au main des nazis avec sa femme et sa fille au sein de la mystérieuse sexxion X, dirigée par le colonel Von Foutr et Kirsten Kirsten. Ils se feront donc passer pour des déménageurs afin d'entrer dans les lieux, allant par avant récupérer des œuvres d'art pour être plus crédible, ce qui n'est que prétexte à des scènes de sexe survoltées avec des dialogues croquignolesques et bon enfant. Par opposition à ce qu'il se passe dans le donjon où le capitaine Bergerac est violé devant sa famille, et sa femme torturée. Et puis on découvre qu'il y a un golem dans la cave (???) avant l'arrivée des résistants qui vont sauver tout ce beau monde entre blagues vaseuses et nudité inutile.

Le rythme est très étrange donc avec des passages complètement abscons tels la relation entre Nitouche (qui porte bien son nom) et Armand l'obsédé sexuel ou Amelle et Kola, le tirailleur sénégalais au membre démesuré, comme il se doit. Mais aussi cette incursion du fantastique avec un golem arme secrète du Reich qui fait basculer le récit encore un peu plus dans le n'importe quoi. Du coup on est perdu entre le BDSM hard (couper les quatres membres d'un homme, l'attacher à une table et l'empêcher de jouir tout en le branlant toutes les heures) et l'humour potache et détaché avec des jeux de mots dignes d'une blague Carambar ( en parlant de Kirsten Kirsten : « Cette histoire de K.K. Ne sent pas très bon). Le dessin quant à lui est plutôt efficace sans briller par son originalité.

On a donc un album très décousu, pas franchement drôle, pas franchement excitant, pas franchement remarquable. On retombe dans les travers de la nazisploitation avec un sujet que l'on n'ose pas traiter jusqu'au bout et avec un registre bancal qui donne un album dispensable.

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