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9/10Sex & Violence

/ Critique - écrit par Maixent, le 27/12/2015
Notre verdict : 9/10 - Oh, baby you're so vicious (Ecrivez votre critique)

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Tout est dit.


Couverture alternative

Effectivement, le choix du titre est assez clair. On ne parlera pas de romance, d’amour filial, de rencontre qui change une vie ou de dévotion à l’être aimé. Quoique, car le sexe et la violence ne sont que l’exacerbation et l’expression de sentiments plus doux. On est vraiment violent que lorsque l’on est passionné et que l’on a une cause à défendre. De même que la sexualité dans ce qu’elle a de plus débridé est le plus souvent liée à un sentiment plus noble que l’on appelle l’amour.

Le sexe et la violence sont donc intrinsèques à la littérature et à l’expression artistique en général. Ce qui est plus rare c’est de les mettre tous deux en avant et d’y aller franchement, les auteurs préférant la plupart du temps les sous-entendus. Ensuite, il ne faut pas se leurrer, Sex & violence n’est pas non plus un album à la sexualité vomitive, présentant des horreurs traumatisantes et si le propos est cru et abrupte, il n’est pas scandaleux. Les auteurs ont réussi à traiter ces thèmes que tout le monde connait, mais peu maitrisent, avec une certaine pudeur, laissant la part belle au scénario mais sans s’encombrer d’une censure déplacée. Il y a donc une violence frontale mais pas complaisante, tout comme une sexualité présente mais pas gratuite. Mais tout cela varie un petit peu en fonction l’histoire.
Papa n'aime pas ce qu'il voit sur l'écran

 

En effet, la forme choisie est celui du court récit. Une trentaine de planches au maximum pour cinq histoires complétement indépendantes regroupées autour des même thèmes mais traités de manière très différente. La vengeance d’un père qui découvre comment des ordures se sont servis de sa fille pour des gonzos.La vie trop rude d’une femme flic qui commence à observer en cachette sa jolie voisine. Une mère et une fille un peu trop perverses à la recherche d’un nouveau papa à la moralité irréprochable. Une idée saugrenue d’utiliser des chiens comme arme sur le front russe. Et enfin la naissance d’un psychopathe, guidé par son mentor et accédant aux plus hautes sphères de la société. Le propos n’est pas de détailler chaque histoire ici mais de montrer que chacune possède des qualités propres. On est embarqués dans ce tourbillon de stupre et de sang d’une manière différente à chaque fois mais toujours jusqu’au-boutiste, ce qui est dû majoritairement à la force du scénario.


Dur de trouver un beau-père respectable... 

 

Jimmy Palmiotti et Justin Gray, qui alternent ici sur les différentes histoires ne sont pas des débutants. Palmiotti est une figure du renouveau tant chez Marvel que chez DC. Co-créateur avec Joe Quesada, que l’on ne présente plus, de la série Marvel Knights, il est aussi le scénariste de Harley Quinn. Gray quant à lui est plus centré sur l’écurie DC mais a su se diversifier pour travailler sur d’autres plates formes comme le jeu vidéo. Ils ont su s’entourer de cinq dessinateurs de talent, ayant des styles très marqués mais s’adaptant parfaitement aux scénarios proposés.

Que ce soit un dessin rond ou nerveux, l’effet voulu est atteint et plonge le lecteur pendant quelques pages dans un univers sombre, oppressant  et moite tout en lui conférant l’excitation de l’adrénaline par de nombreuses scènes d’action ou sexuelle par une nudité frontale et assumée. Mais aussi des situations excitantes et troublantes.

On réagit souvent  bizarrement face à ce mélange excitant que procurent le sexe et la violence. Le trouble est donc plus particulier qu’à la lecture d’une bande dessinée pornographique classique. Les auteurs parviennent à maîtriser ce trouble dans un exercice qui aurait pu être très périlleux. Au final, Sex & Violence remplit son contrat en assumant absolument tout dans un délire assez jouissif poussé assez loin. 

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