8/10Seuls - Tome 6 - La quatrième dimension et demie

/ Critique - écrit par plienard, le 09/06/2011
Notre verdict : 8/10 - La guerre des clans (Ecrivez votre critique)

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Derrière ses faux airs de gentil garçon, Saul prépare un guet-apens à nos cinq héros. Il veut marquer son territoire et le premier arrivé est le premier servi. La guerre des nerfs continue avec Vehlmann et Gazzotti en chefs d’orchestre.

La plongée en enfer des enfants continue inexorablement. Maintenant, chacun sait qu’il est mort mais il en reste certains qui ne savent pas encore comment. Et si un élan mystique envahit certains, posant un certain nombre de questions sur la différence des religions, Yvan ressent le besoin d’interroger ses parents dans une séance de spiritisme inversée : les morts parlent aux vivants !


DR.
Si cette histoire est terriblement effrayante et captivante, il y a une bonne raison. Les thèmes abordés par Fabien Vehlmann sont des thèmes d’adultes mais dans des mains d’enfants. Il leur inflige des supplices insupportables : la mort, la peur, la torture, la haine, la guerre. Car dans ce tome, la guerre est déclarée. Avec son attitude et en apparence propre sur lui, Saul met l’autre clan sur la défensive. Il mène la danse et instaure que chaque partie marque son territoire. Si Dodji sent l’entourloupe, le reste des enfants accepte l’ultimatum et veut marquer le maximum de bâtiments stratégiques. Mais les dés sont pipés. Le dessin de Bruno Gazzotti réussit lui aussi à nous tromper sur les intentions de Saul. Il en fait un beau petit garçon blond sympathique, une tête d’ange dans un uniforme qui rappelle de douloureuses heures pour l’Europe.

Au travers de cette guerre des clans, Fabien Vehlmann complexifie encore son intrigue. Avec les cairns rouges, le clan des 9, le monolithe noir, l’histoire devient un peu difficile à comprendre pour celui qui n’a pas suivi la série. Pourtant le sentiment diffus de vouloir comprendre à tout prix oppresse  le lecteur qui sent aussi qu’il y a un espoir pour les enfants (à tord ou à raison, l’avenir le dira).


DR.
Dans l’album, si le suspens est bien présent, quelques plages d’humours et de détentes permettent aux lecteurs de souffler un peu. L’album est ainsi plus complet à tout point de vue. Si le scénariste manie bien  tous les codes narratifs pour nous mettre en haleine, on a l’impression que cette fois il cherche à prolonger son plaisir (un peu trop ?) et comme par un fait amusant, tant d’épreuves sont mises sur la route des cinq enfants que l’on a envie de faire comme eux, partir de cette ville. Et on n’y arrive pas. Au final, cette voix qui vient de l’obscurité, ne serait-ce pas celle du scénariste lui-même ?

Malgré un sentiment de longueur qui commence à poindre, le machiavélique Vehlmann et le démoniaque Gazzotti réussissent à emmener leur petit monde (personnages et lecteurs) dans les bas-fonds de l’enfer (ou du paradis).

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