7/10Seuls - Tome 3 - Le clan du requin

/ Critique - écrit par riffhifi, le 06/06/2008
Notre verdict : 7/10 - Les dents de l’âme errent (Ecrivez votre critique)

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Série jeunesse de qualité, Seuls n'entre pas pour autant dans la catégorie "tout public". Passé un certain âge, on se sentira peu concerné par ces tribulations qui rappellent fortement Sa Majesté des Mouches.

Après deux tomes salués par le public et la critique jeunesse (prix des 9-12 ans à Angoulême, grand prix des lecteurs du Journal de Mickey), Seuls (qui n'a rien à voir avec le film d'Eric et Ramzy Seuls two, qu'on se permettra d'éviter ce mois-ci) continue de promener ses héros de mystère en aventure, animés qu'ils sont par le désir de comprendre ce qui a fait disparaître tous les adultes d'un coup...

Dodji, Leïla, Camille, Yvan et Terry survivent comme ils peuvent, entre la faim et les attaques de loups. Incidemment, ils découvrent qu'ils ne sont pas seuls à arpenter les rues de la cité : le beau blondinet Saul et son clan dit « du requin » ont établi leurs quartiers dans un parc d'attraction... où sévit un véritable requin ! Charismatique, Saul impose sans peine sa loi aux autres enfants ; mais les nouveaux arrivants ne l'entendent pas forcément de cette oreille...

Saul au monde
Saul au monde
On le sait depuis le premier tome : Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti connaissent leurs classiques. Le récit fait immanquablement penser à Sa Majesté des Mouches, pour sa peinture d'une société enfantine mais pas infantile, et surtout pour sa cruauté étonnante et salutaire ; le jeune lecteur n'est pas pris pour un imbécile, on s'en réjouit. Les références ne s'arrêtent pas en si bon chemin : on relèvera par exemple le nom du père de Saul, Matthew Barrie, qui est un coup de chapeau évident à James Matthew Barrie, auteur (et donc "papa") de cet autre récit enfantin et cruel qu'est Peter Pan. Saul est d'ailleurs, comme son cousin du pays imaginaire, un despote égoïste et capricieux, que le jeune âge n'empêche pas de faire un usage du pouvoir comparable à celui de ses aînés. Le personnage éclipse dans cet album les cinq héros, qui se retrouvent relégués au rang de touristes. Comme on pouvait s'en douter, ce n'est pas au cours de cette aventure qu'ils s'approcheront significativement de la vérité concernant leurs parents.

Le dessin, toujours agréable mais très clairement adressé à un public enfantin, se pare de jolies couleurs (par Caroline et Ralph Meyer) lorsque le soleil a la bonne idée de se coucher sur la plage, mais reste d'un classicisme extrême jusque dans sa mise en page. Rien de révolutionnaire de ce côté-là, et si Gazzotti s'amuse à
accoutrer ses personnages en pirates pour les besoins de l'histoire, il n'y met pas pour autant un soin maniaque à base de clins d'œil ou de références historiques ; tout reste d'une sobriété qui aide la clarté du récit, mais ne pousse pas le lecteur exigeant à un enthousiasme démesuré.

Jolie série pour enfants, évitant avec brio le piège de la niaiserie débilitante, Seuls n'est pas pour autant adressée à un public « de 7 à 77 ans », expression trop souvent utilisée pour désigner à tort les séries jeunesse. C'est une série de qualité conçue pour les 9-12 ans, qui connaît une légère baisse de régime avec ce troisième tome, mais saura probablement relever la barre avec le suivant, annoncé sous le titre Les Cairns rouges...

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