4/10Sarko 1er

/ Critique - écrit , le 15/05/2007
Notre verdict : 4/10 - Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy .... (Ecrivez votre critique)

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Un album où l'intérêt se reporte sur les deux dernières pages indiquant les sources, le bilan est plutôt maigre sur 37 pages de lecture. Sarko 1er symboliserait lui-même le rapport que les médias entretiennent avec le nouveau président.

Faut-il rajouter du lait pour faire déborder votre bol de consommation médiatique ? Nicolas Sarkozy a été élu le 6 mai dernier président de la République avec 53,06% des voix. Résultat qui n'a pas cessé d'alimenter la verve journalistique. A peine quelques jours suivant la fin de cette campagne à "suspense", Vents d'Ouest et les éditions Fayard enfoncent une nouvelle fois le clou. Après La Face Karchée de Sarkozy où les auteurs se vantaient de porter l'étendard de la "bd enquête", voici Sarko 1er. Un titre évocateur puisqu'il est largement utilisé sur le web par les ligues anti-sarko se disputant les miettes d'une polémique superficielle.

61360_250.Que dire donc de Sarko 1er ? On ne change pas une équipe qui gagne, mais à quel prix ? Une heure avant l'annonce des résultats finaux, PPDA et Robert Namias suivent l'évolution des candidats depuis le 17 février dernier. Epoque où débute la problématique qui va faire monter l'adrénaline au siège du PS et de l'UMP : le phénomène Bayrou. Des cellules sont alors mises en place pour tenter de dénigrer les idées du candidat centriste susceptible de réduire à néant les espoirs du petit Nicolas et défiger le rictus de Ségolène. S'ensuivent également d'autres sujets déjà évoqués abondamment dans les médias : l'émancipation maladroite de Royal au PS, la mort par asphyxie des petits candidats, l'annonce controversée d'un ministère de l'Identité Nationale etc. Que des sujets vus et revus. Rares sont les moments où la bande dessinée évoque des anecdotes peu visibles durant ces mois de luttes tel que le déclin de Dominique de Villepin. Il arrive parfois qu'elle creuse à moitié des sujets intéressants comme le chemin de croix d'obtention des 500 signatures, mais est-ce le format BD ou son aspect ultra satirique qui l'empêche d'approfondir plus en détail ces points ? Malgré la bonne volonté des auteurs de vouloir rapporter de l'information "exclusive", Sarko 1er se rapproche davantage du documentaire relatant les faits de cette campagne très huilée plutôt qu'à de l'investigation pure. L'humour facile et caricatural (souvent soudoyé de "guignoleries de l'infos" lorsque ce n'est pas "Cantelouprisé") l'emporte sur un fond qui pourrait intéresser le lecteur. Ce dernier voit alors l'intérêt de l'ouvrage dans les deux pages finales du livre relatant les sources officielles légitimant les dires des auteurs.

61363_250_01.Niveau dessin, on n'est pas servi. Autant dire que Riss et Isabelle Lebeau ont été pressés par le temps. Cette constatation n'est pas frappante lorsque nous survolons le dessin de Riss, toujours le trait gras et mal défini, plus adapté à l'illustration de presse qu'à une BD de 37 pages. Mais la colorisation d'Isabelle Lebeau atteint pourtant l'exploit de jouer le rôle de faire-valoir. Les couleurs oscillent entre des tons plaqués et l'utilisation excessive de teintes flashy par l'aréographe. Certains textes montrent mêmes des zones blanches (l'intérieur d'un « O » vide alors que le fond devrait être vert par exemple). Au vue de l'annonce faite par Vent d'Ouest, les graphistes n'avaient pas la tâche facile. Trois versions étaient déjà imprimées avant de l'annonce définitive des résultats. Riss a dû dessiner trois couvertures différentes au moins (Sarko 1er, la voie Royal, le Roi Bayrou). Jamais nous ne saurons si les autres couvertures renfermaient des divergences au niveau de la narration. Quoiqu'il en soit, la fin de l'enquête officielle, telle que nous la connaissons, s'achève sur les résultats du premier tour, quand Ségolène appelle Bayrou à organiser un débat télévisé. Un timing très serré donc pour l'ensemble de l'équipe pouvant expliquer cette accumulation de bâclages. L'avocat du diable a parlé.


Un album où l'intérêt se reporte sur les deux dernières pages indiquant les sources, le bilan est plutôt maigre sur 37 pages de lecture. Sarko 1er symboliserait lui-même le rapport que les médias entretiennent avec le nouveau président. Sarkozy est un business. Le "Berlusconi français" n'a pas besoin d'entretenir des relations étroites avec Martin Bouygues et Arnaud Lagardère pour monopoliser son image, les journalistes le mangent à toutes les sauces. Une sauce ayant un goût amer pour cette équipe issue des rédactions de Charlie Hebdo, mais sucrée par les bénéfices qu'ils auront engendrés. Chose qui sera couronnée de critiques dithyrambiques au vu de la page finale. Un président capitaliste matraqué par des journalistes de gauche. Sarko 1er nous aura confirmé au moins une chose : que la caricature est partout.

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