9.5/10Sambre - Tome VIII - Celle que mes yeux ne voient pas...

/ Critique - écrit par Valentin Pick, le 17/01/2019
Notre verdict : 9.5/10 - Le chef-d’œuvre d’Yslaire. (Ecrivez votre critique)

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Sérieusement, Bernard-Marie... Tu as déjà pensé à ton avenir ? Et comment, tatie ! Toutes les nuits, je rêve de ma mort !

Nous avons suivi dès le premier album, Plus ne m’est rien, la tragédie romantique née d’un amour impossible entre Bernard et Julie. La guerre des yeux poursuit les Sambre de génération en génération et la galerie des visages ne cesse de s’accroître à chaque nouvelle parution. Ce huitième et avant dernier album fait évoluer les deux enfants de Bernard et Julie qui grandissent à mille kilomètres de distance sans se connaître. Bernard-Marie est élevé par sa tante Sarah et ne cesse d’être hanté chaque nuit par les fantômes du passé. Judith, quant à elle, est une « fleur de pavé » dont la jeunesse se fane au milieu des hommes en échange de quelques pièces. À la recherche de gloire, Judith voit la prostitution comme un mal nécessaire afin d’accéder à une vie qui saurait lui procurer admiration et confort.
Sambre - Celle que mes yeux ne voient pas....

Bernard-Marie a rêvé sa mort dans les bras d’une femme au regard vairon... La rencontre entre ces deux êtres issus du même amour en pleine révolution semble n’avoir jamais été aussi proche. 

Créée en 1986, la série Sambre a la particularité novatrice pour l’époque de faire vieillir ses personnages. La série principale compte à ce jour huit albums et le neuvième sera sans nul doute le dernier. Il est parfois complexe de suivre une série dont de nombreux ouvrages viennent s’ajouter au contenu principal, pourtant c’est un véritable plaisir de suivre les triptyques complétant les générations formant la série Sambre.

Sambre - Tome VIII - planche 4.

 

Ma sensibilité du soin apporté aux illustrations est comblée à chaque nouvelle page, Sambre est un trésor aussi bien en terme de découpage que de cadrage et également de mise en couleur. Le passage au tout numérique des volumes V et VI ne m’avait pas pleinement convaincu. Par contre l’alliance, pour les deux titres suivants, d’aquarelle et de numérique apporte un souffle nouveau à l’harmonie d’ensemble. On sent par endroit la force des coups de pinceau et chacun des découpages est en parfaite adéquation avec la narration. Il m’est bien difficile de dire le moindre mal de cette série tant elle me tient à cœur. Sambre est le chef-d’œuvre d’un auteur d’exception.
Planche 34 issue du Tome VII - Fleur de pavé. Prix 9000 euros.

 


Les amoureux de dessin ont pu contempler de leurs yeux le travail de Bernard Yslaire lors de l’exposition s’étant déroulé à la galerie Glénat à Paris. Pour les plus fortunés il est même possible d’acquérir certaines planches mais cela reste un rêve qui demeure loin d’être à la portée de toutes les bourses.

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