7/10Salomé - Tomes 1 et 2

/ Critique - écrit par iscarioth, le 23/10/2006
Notre verdict : 7/10 - Aventurière à la loupe (Ecrivez votre critique)

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Critique des tomes 1 et 2 : Salomé ne révolutionne pas le genre policier mais remplit bien son contrat

La collection Dédales, dont la ligne éditoriale peut se résumer à ce slogan choisi : « Un héros, un lieu, une époque, un crime », a montré de grosses variables. Du bon (Néféritès) comme du moins bon (Antoine Sèvres). De quel coté la balance penche-t-elle cette fois ci ?

46602_250.Le slogan de cette collection insiste sur les unités de lieu, de temps et d'action, la fameuse règle des trois unités. Où nous amène-t-on avec cette nouvelle série ? L'intrigue policière se déroule avec Salomé en 43 avant Jésus Christ, dans la Rome antique. La série mise en place fonctionne par diptyque, comme beaucoup d'autres du genre policier (Luka, Imago Mundi, WEST...). Cette première double aventure nous propose une enquête sur le meurtre de Paulina, une femme de très haute importance dans la Rome antique. Marcus, un autre noble, est accusé à tort du meurtre de la jeune femme. C'est Salomé, son amante et esclave, qui va mener l'enquête pour l'innocenter, en échange de son affranchissement.

Le ton est donné assez rapidement. Meutre, accusation, enquête... Le lecteur se retrouve en territoire connu. L'héroïne nous est présentée de façon tout aussi fluide, au travers notamment d'une scène introductive érotique, par laquelle le dessinateur italien Giuseppe Palumbo nous montre tout l'étendu de son talent, jouant sur la pliure des tissus fins et la cambrure des corps. Salomé possède des dons de voyance, et ses pérégrinations policières sont ponctuées de prémonitions. Très rapidement, les péripéties prennent place dans le récit et s'enchaînent. Le duo formé n'est pas celui qu'on croit, et l'on adjoint à Salomé, comme second pour ses enqu46601_250.êtes, Aktor, un ex-gladiateur tout en muscles. Tandis que l'un empoigne, l'autre passe l'invité à la questionnette. La recette est classique, mais fonctionne pourtant franchement. Le duo créé est aussi atypique qu'amusant.

On retrouve les lieux communs de l'enquête policière légèrement teintée de comédie : les bons mots, les ruses et petits mensonges, les témoins qui trouvent la mort avant de pouvoir être questionnés, la corruption ou encore les quelques scènes d'action ou de course poursuite. Le rythme est bon et se maintient du début du premier tome à la fin du second. A ce langage policier très familier, se rajoute des accents antiques. Les dialogues semblent avoir été composés de sorte à renvoyer aux grands classiques du théâtre antique, avec des déclamations tragiques, prononcées. Coté dessin, Palumbo contente à l'aide d'un encrage très appuyé, très approprié pour restituer le caractère des expressions faciales, corps et tissus. La perfection physique (musculature et cambrure) est poussée au maximum, renvoyant à l'esthétique de certains comics. Les passages plus fantastiques, avec les visions prémonitoires de Salomé, sont aussi bien menés. En ces temps de coloration infographique overdosée en couleurs pétaradantes, on appréciera la justesse du coloriste Lucien Gorlier, dont la palette est dominée par les tons bruns, tout en nuances.


46600_250.Salomé ne révolutionne pas le genre policier mais remplit bien son contrat ; celui de distraire sans baisse de rythme ou temps mort. La planche finale du deuxième tome annonce bien la couleur : Salomé reçoit la visite d'une mère dont le fils a disparu et, dans une dernière parole qui conclut l'album, s'engage à retrouver sa progéniture. Une nouvelle « aventurière à la loupe » est née, en quelque sorte...

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