7/10Sale bête - Tome 1 - Hamster drame

/ Critique - écrit par plienard, le 15/02/2012
Notre verdict : 7/10 - SPA, Sauvez Pauvre Amandarine (Ecrivez votre critique)

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Premièrement, on a un père, portrait presque craché d’un Simpson, qui cherche le cadeau idéal pour sa fille Amandarine. La philosophie tibétaine semble avoir pris possession de son corps.
Un joli cadeau pour Amandarine.
Il lit « l’autorité cool raoul relax max pour les nuls » ou « la gestion familiale de la non-violence Zen ». C’est un vrai petit homme d’intérieur. Il fait le ménage, cuisine une super ratatouille équitable, ne connaît pas le sens du mot colère, ni la vulgarité. "Bordouille de mince" est son abus de langage et dit uriner plutôt que pisser. Pour couronner le tout, il fait partie de l’amicale du club de peinture.

Deuxièmement, on a une mère bosseuse, qui lit Le Monde dans la cuisine, dans le canapé avec Clarky sur les genoux.

Troisièmement, on a Amandarine, petite blonde, fashion-victime, qui veut un hamster comme Britney Spears. Au grand dam de son père, elle porte des strings et déteste son cadeau d’anniversaire, une sale bête qui pue et que la famille va prénommer Bestiole.

Quatrièmement, Elizabelle, une grande brune, au look mélangé de grunge et de gothique. Elle aide son père à choisir un cadeau pour sa sœur et elle est la seule à trouver Bestiole jolie.

Enfin, celle qui donne le titre à la série : la sale bête. Bestiole est une erreur de production dans l’usine la Fabrique. Elle pue, elle jure, elle pisse dans le bol d’Amandarine tous les matins, elle hait les humains, elle met le feu à la maison et lit la biographie d’Hitler ! Cet animal est infect et est un vrai calvaire.


DR.
Maïa Mazaurette est l’auteur de cette bédé « grand public » chez Dupuis. Écrivain, journaliste, bloggeuse et militante féministe, on peut s’étonner de cette association, pour le moins sulfureuse, entre le traditionnel Dupuis et la "sulfureuse" Maïa. À la lecture de cet album, on en sera que ravi, tant il apparaît comme un peu incongru, voire politiquement incorrect dans le catalogue de l’éditeur carolorégien. On est d’autant plus ravi que l’on peut voir que l’auteur n’a pas eu à masquer son naturel pour faire partie du moule Dupuis et que c’est l’éditeur qui a sans doute fait un peu plus d’effort.

Le dessinateur de cet album déjanté est Jean-Paul Krassinsky. Il parvient à donner à l’histoire le côté décalé voulu par la scénariste. En particulier, les sales bêtes issues de l’erreur de production de La Fabrique sont d’une grande originalité et particulièrement... sales et bêtes.

Le décalage entre la famille et Bestiole est assez jouissif. Dans un monde futuriste, mais pas trop – on peut choisir son animal de compagnie sur internet et qui est ensuite créé génétiquement -  où les valeurs de la famille traditionnelle sont inversées (la mère travaille et le père s’occupe de la maison), il reste quand même la traditionnelle opposition adolescent – parent. Mais cela est toujours très serein, le père étant adepte de toutes les méthodes Coué possibles et imaginables. Dans cet univers déjà improbable, Bestiole arrive et vient foutre le bordel. En tout cas, elle essaie.


DR.

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