4/10Salammbô, la princesse à nu

/ Critique - écrit par athanagor, le 03/03/2011
Notre verdict : 4/10 - Des seins en trop (Ecrivez votre critique)

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Suite à la parution récente de l’intégrale de Salammbô, les éditions Drugstore nous gratifient d’un recueil superflu des illustrations de nus par Druillet, inspirés par la princesse de Carthage.

S’il faut en croire la préface de ce recueil par Michel-Edouard Leclerc (oui, il s’agit bien de la personne à qui vous pensez), Druillet est, pour ainsi dire, hanté par la figure romanesque à laquelle son trait donna vie en 1980. Le fruit de cette obsession, qui se traduit par d’incessantes illustrations de Salammbô, nous est offert ici en supplément de la parution de l’intégrale de l’œuvre première.

S’il fallait reconnaître une force imaginative, une somme de travail évidente et une incroyable
DR.
inventivité dans la mise en image du roman de Flaubert, ce défilé de portraits bleus, accompagné en vis-à-vis d’extraits du texte original, ne suscite que peu d’intérêt. On aurait souhaité qu’une magie se dégageant des illustrations parvienne à nous hypnotiser, et à exporter la fascination que suscite le personnage, du créateur au spectateur. Malheureusement, malgré une certaine qualité technique, on ne parvient jamais à approcher, ni même simplement à comprendre, la lubie du dessinateur. Très vite la déclinaison tourne au rébarbatif, et bien que des éléments ou des agencements servent à différencier une image d’une autre, tels ces phallus dorés ou ces mises en face-à-face de deux figures aux seins pointus et nourriciers, ce qui ressort le plus certainement c’est cette désagréable impression de retomber à chaque fois sur l’illustration qu’on vient de quitter. De fait, tous les nus représentent la même figure aux allures de princesse nubienne, sous différents angles, et c’est au dixième que l’on commence à fatiguer.

En fait, dans cette exposition monomaniaque, on cherche en vain le talent qu’on avait trouvé dans les fresques martiales et pointilleuses qui peuplaient l’aventure originelle. Mais on ne trouvera quasiment aucune émotion dans ce recueil dessiné par et pour Druillet. Ainsi, cette obsession, qui semble sagement cantonnée à l’esprit de sa seule victime, ne transparaîtra que dans le nombre des représentations, et jamais dans les détails ou la force d’une seule.

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