7.5/10Royal Space Force

/ Critique - écrit par plienard, le 18/03/2011
Notre verdict : 7.5/10 - Voyage dans l’espace à tire d’Ellis (Ecrivez votre critique)

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John Dashwood est un héros de guerre et surtout un officier dans l’armée britannique. Son rêve est de faire de l’Angleterre la première nation spatiale. Mais cela passe par quelques actes non glorieux. L’enjeu est à ce prix.

Et si les Américains n’avaient pas récupéré Von Braun et les scientifiques allemands créateurs des fusées V2 ? Et pour changer un peu du monde bipartite que l’on a connu – les États-Unis d’un côté, l’URSS de l’autre – ce ne sont pas les Russes qui accueillent les scientifiques mais bel et bien la perfide Albion, l’Angleterre. Le monde en serait changé. C’est en tout cas la vision de Warren Ellis, le scénariste de cette uchronie.


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Toute ressemblance avec une série connue chez Delcourt serait un peu pur hasard. On peut en tout cas s’étonner que sur une période d’un an, deux histoires ayant le même principe de base sortent. Et si la course à la conquête spatiale avait été remportée non pas par les américains, mais ... par les anglais. Remplacez « les anglais » par « les russes » et vous aurez la trame de Jour J, Les Russes sur la lune. Et c’est donc avec une espèce d’appréhension que vous entamez la lecture de ce Royal Space Force.

Et d’emblée, vous prenez une claque. La préface de Mark Millar, célèbre scénariste de comics (Superman, Ultimate Fantastic Four, Ultimate X-men...), est assez virulente contre le lecteur (au début, en tout cas) et il ne voit pas l’intérêt de faire la promotion de l’histoire de Warren Ellis, étant établi que Warren Ellis, Chris Weston (dessin) et Laura martin (couleur) « sont les meilleures garanties d’atteindre le nirvana visuel ». Mark Millar se fend d’une préface, en tout cas, originale et énergique qui n’est pas loin d’être une déclaration d’amour aux auteurs et à Warren Ellis en particulier. Mais le lecteur que je suis attendra d’avoir lu l’album avant d’acquiescer à ses propos. On veut la preuve par l’image.

L’image, donc, est somme toute assez classique. L’album est en effet un comics et Chris Weston (JSA Justice Society of America, The Authority ou The Invisibles) en est le dessinateur.
DR.
Les personnages sont rendus très sombres par le jeu des ombres noires et intenses qui reflètent leur psychologie. Si le docteur Von Braun n’est pas forcément reconnaissable d’une case à l’autre, c’est le seul personnage qui semble poser problème au dessinateur. Car le reste est dessiné de manière magistrale. Si les deux premières pages sont un peu kitsch et surtout inutiles, le reste est tout simplement bluffant. Car, non seulement les personnages et les décors sont réalistes et précis, mais la psychologie des personnages est fabuleusement rendues par le jeu des ombres (mais je me répète). Quant à Laura Martin, si elle se trouvait à côté de moi, je l’embrasserais volontiers tant elle a réussi à me faire croire que j’étais devant ma télévision.

Warren Ellis, lui, officie au scénario. Si la présentation presse de l’album fait irrémédiablement penser à Jour J, on ne pourra pas le qualifier de plagiat, étant donné que Royal Space Force est sorti aux États-Unis au plus tard en 2004. Et l’idée ne nous viendra plus à l’esprit quand vous aurez lu l’album. On suit les étapes importantes de la conquête de l’espace par les britanniques, emmené par un John Dashwood, charismatique, à la limite de la folie et surtout un beau salop (au milieu d’autres, il faut bien l’avouer).  Ainsi, ce n’est pas vraiment la conquête qui est intéressante mais bel et bien les personnages. Car au final, ce sont eux qui nous font apprécier le récit. L’histoire, en elle-même, étant un peu plate et la fin totalement bateau. Un autre regret, partagé avec Mark Millar (pour le dessin), c’est le petit nombre de pages (96) pour une histoire si dense.

Chez Delcourt, l’uchronie est un sujet largement exploité. Mais des éléments différents produisant des effets différents, toute comparaison avec d’autres s’arrêtera là. Royal Space Force est un superbe comics avec un scénario un peu light mais des personnages sensationnels et hauts en couleur. A ne pas rater.


DR.

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