6/10Rose d'Elisabethville

/ Critique - écrit par plienard, le 24/09/2010
Notre verdict : 6/10 - Un diamant pas solitaire (Ecrivez votre critique)

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Rose Vermeer reçoit un diamant rose en cadeau par l'homme qui l'a élevé. Mais un diamant comme celui-là n'est jamais vraiment solitaire surtout s'il a pour origine le Congo belge.

Rose, infirmière, coule des jours heureux avec son mari Eric Vermeer, journaliste chez « le patriote belge ». Nous sommes en pleine période de décolonisation du Congo belge où de gros intérêts sont en jeux. Cette période coupe d'ailleurs la Belgique en deux : les pours et les contres. Le mari prend des positions engagées pour la décolonisation ce qui lui vaut d'être censuré. Quant à Rose, être la femme d'Eric, ne lui facilite pas toujours la vie. Elle-même a passé son enfance au Congo et y est très attachée. Et un jour, elle reçoit un courrier de son père « adoptif » qui lui demande de l'ouvrir uniquement à sa mort, qui va être proche malheureusement. Cela va l'entraîner sur un jeu de piste à la recherche de diamants et d'un enfant disparu.


La décolonisation, des diamants, le Congo belge, le racisme, voilà des sujets intéressants, que l'on connaît finalement peu et qui sont traités, ici, de manière simple par le prisme d'un couple lambda. Le sujet traite des petites mesquineries, des jalousies et du racisme quotidien qui pouvaient alimenter cette période. Si le sujet et le récit sont captivants, avec ce mélange entre histoire personnelle de Rose et celle de son mari journaliste, il reste quelques incompréhensions, notamment concernant l'enfant disparu. On a, en effet, du mal à croire qu'il n'arrive pas à se souvenir de son passage chez les bonnes sœurs. Malgré tout, ce sujet n'est qu'une petite partie du récit, et n'enlève en rien au reste. Du coup, le scénariste Thilde Barboni  aurait pu s'en passer.

Ensuite le dessin n'est pas franchement emballant. Par certains côtés, il nous ferait penser au trait de Jean-Pierre Gibrat, mais avec moins de réussite. Les volumes et surtout les perspectives sont assez mal rendues. On a d'ailleurs l'impression que le dessinateur Séraphine s'en est rendu compte car il privilégie les cases centrées sur les personnages et surtout les visages qui ne sont pas trop mal réussi.

Je reste cependant satisfait par la lecture de l'album. Le traitement de la couleur qui veut donner un côté rétro est plutôt bien vu et surtout bien fait. Il y a une atmosphère vieux rose, comme si on regardait à travers un diamant rose qui me plaît.

Une remarque sur le titre qui joue sur le prénom de l'héroïne, mais aussi sur le sujet car le rose est aussi le diamant qui lui est offert. Et quand la bande dessinée peut nous éduquer, pourquoi s'en priver. Un petit dossier de deux pages nous retrace les événements de cette période ce qui permet de resituer le contexte et peut-être comprendre un peu mieux les événements actuels.
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