3.5/10Rosalinde contre-attaque ( sévère )

/ Critique - écrit par riffhifi, le 02/09/2008
Notre verdict : 3.5/10 - Sévère, donc c’est pas mûr (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 2 réactions

Un trip perso beaucoup trop hermétique pour qu'on se soucie de l'héroïne où du monde dans lequel elle évolue. Le dessin n'a rien d'enthousiasmant, et l'album fait 140 pages.

C'est sur un blog que naît Rosalinde, héroïne sans âge (mais affectée de quelques kilomètres au compteur, et habituée à pester contre les « soixante-huitards ») créée par l'illustrateur Thomas Cadène. Celui-ci n'est pas un nouveau venu sur le label KSTR : il a signé l'an dernier l'album Regards croisés sur un scénario de Gilles Aris. Le voici en solo aux manettes d'un album de 140 pages consacré à Rosalinde, l'héroïne qui... euh... fait des trucs. Ou pas vraiment. Elle dit « Ayalou », surtout.


Rédiger un résumé de l'histoire est assez épineux : les trois pages du début ont beau constituer un teaser de la fin, on les oublie assez rapidement au profit d'une succession d'évènements décousus qui passent de l'invasion extra-terrestre à une intrigue politico-médiatique d'anticipation complètement fumeuse et embrouillée, aboutissant à un dernier tiers d'album plein d'action. La sensation que l'ensemble procure est celle d'une narration conçue entièrement à la marabout-bout-de-ficelle, sans idée précise de la direction à adopter. Rétrospectivement, on peut facilement penser que les trois premières pages ont été ajoutées à la fin de la conception, pour donner une impression de cohérence à ce qui n'en avait pas.

Mais l'aspect décousu d'une bande dessinée peut facilement s'excuser, pour peu que les péripéties soient réussies ou que le dessin flatte l'œil. Dans Rosalinde hélas, on peinera à se satisfaire d'un dessin filiforme et anguleux, parfois à la limite de d'approximation, et de gags si décalés qu'ils sentent la private joke à des kilomètres à la ronde. Née sur un blog, Rosalinde a peut-être alimenté quelques soirées de rigolade entre potes (« eh ce serait énorme si elle gueulait Ayalou tout le temps ! » « ah ouais chanmé, ahah »), mais peine à imposer sa personnalité au
lecteur. Flanquée de la bimbo Muchu, elle aussi sans âge mais apparemment plus jeune, elle traverse l'album sans conviction dans une absence d'intrigue générale assez gênante. On aperçoit quelques amorces d'idées concernant la relation entre Muchu et Rosalinde, la deuxième étant peut-être secrètement amoureuse de la première (ou en tous cas désireuse d'attirer son attention et son affection). Les pages 40 à 45 reflètent plutôt bien les états d'âme de l'héroïne concernant cette situation, et recèlent une idée graphique intéressante en page 45 : le texte caché dans les gribouillis, qu'il vous faudra beaucoup de patience pour déchiffrer (et encore, estimez-vous heureux qu'on vous l'ait signalé). Malheureusement, dès les pages qui suivent, on perd le fil sans espoir de retour...

Ajoutez une dernière partie assez répétitive et un final à tiroirs plutôt agaçant, vous comprendrez qu'on ne s'emballe pas pour cette dernière livraison KSTR. Qui, il est vrai, a déjà eu le bon goût de sortir Le goût du chlore et La cellule cette année...

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