6.5/10Robin des Pois à Sherwood

/ Critique - écrit par riffhifi, le 29/10/2011
Notre verdict : 6.5/10 - Gros pain des bois (Ecrivez votre critique)

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F’Murrr raconte Robin des Bois à sa sauce : humour absurde et moutons archers traversent sans pitié les 82 pages de cet album qui date de 1985.

Richard Peyzaret, estimant probablement que son nom était trop facile à retenir et à écrire, a adopté le pseudonyme « F’murrr » (avec un nombre de « r » variable) pour mener sa carrière d’auteur BD. Jetant son dévolu sur la race ovine dès le début des années 70, il a livré 14 tomes du Génie des alpages à ce jour, et reste connu essentiellement pour cette série à l’humour nonsensique débridé.

En 1985, Futuropolis publiait dans sa « Collection X » une courte bande dessinée de 22 pages dans un format à l’italienne, intitulée Robin des Boîtes. Il aura fallu 26 ans pour que deviennent visibles les 60 pages suivantes : le tout est édité ce mois-ci par Dargaud, sous le nouveau titre Robin des Pois à Sherwood.

Noir et blanc, vieux françois dans les dialogues, gag à base de 62674.jpgtéléphone à cadran dès la première planche : le Robin des Boas de F’Murr, qui change de patronyme comme de carcan, a un délicieux goût de suranné. L’auteur aime le moyen-âge, il l’a également exploré avec Jeanne d’Arc dans la mini-série Jehanne au pied du mur : sa vision de Robin D.B. est donc basée sur une connaissance intime de l’époque. Mais une fois lâchés en liberté dans les pages du dessinateur fou, les personnages partent en complète cacahuète : Robin est un nain geignard et incompétent, le shérif (pardon : le shérifle) de Nothingham (et non Nottingham) porte fièrement une étoile de western et une moustache que ne renierait pas Sam Elliott, et la douce Lady Mariann’ se révèle aussi nymphomane que les satyres zet les nymphettes qui peuplent la forêt de Sherwood.

Outre les principaux acteurs de la légende, de nombreuses figures grouillent dans les pages de Robin des Pois : on y trouve pêle-mêle les moutons-brebis chers à l’auteur (reconvertis en archers du dimanche), le Philip Mortimer d’E.P. Jacobs, ainsi qu’une caricature de l’acteur Basil Rathbone (qui incarnait Guy de Gisbourne face au Robin des Bois que jouait Errol Flynn)… Le tout parsemé de dialogues absurdes hystériques, qui frisent parfois la saturation. Le problème, comme souvent, est de parvenir à faire tenir une histoire complète sur un univers où le non-sens est roi. Les running-gags du début laissent place progressivement à une trame plus ou moins cohérente, mais on sent F’Murrr un peu bridé par cette structure.

Pas du calibre du Génie des Alpages, mais les amateurs apprécieront cet inédit !

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