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7/10RanXerox

/ Critique - écrit par athanagor, le 06/08/2010
Notre verdict : 7/10 - Znort (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Dans un monde souterrain en prise avec l'injustice, la violence et les néons, apparaît une nouvelle génération de héros, dont l'unique représentant fout le Bronx à la moindre occasion.

Ici compilées, les histoires de Ranx laissent voir la violeCouv. Intégrale du 05 mai 2010
Couv. Intégrale du 05 mai 2010
nce sourde du personnage dans un futur dégueulasse qui s'y prête fort bien, écho d'une violence dans laquelle baignait l'Italie à la genèse du héros (s'il faut en croire Liberatore dans la préface). Dans ce cadre, que Ranx pète tout ce qui bouge devient normal et parfois excessivement libérateur, même quand il s'en prend aux innocents (qu'on se souvient pourtant avoir connu coupables dans la vraie vie). Il faudra accepter cette violence absurde pour lire ces histoires, et d'entrée de jeu on est mis dans le bain, quand Ranx fout une droite bien nette à un môme de deux ans qui lui tire la langue dans le métro.

Très étrangement, surtout considérant ce personnage en particulier, c'est un véritable intérêt intellectuel que l'on trouvera à cette intégrale. Cet intérêt se formulera en une seule question : comment se fait-il que ce personnage, que tous les amateurs de BD, voire même ceux qui ne le sont pas, connaissent et voient ressurgir régulièrement, n'ait été le héros que de trois albums et quelques parutions dans un fanzine ? En effet, Ranx n'apparaît que dans de rares publications, dont les premières ne le présentent que sous des traits assez éloignés de la figure mythique qu'on lui De Tamburini...
De Tamburini...
connaît aujourd'hui, car dessinées par Tamburini. On comprend alors que ce sont les diverses apparitions du personnage dans différents magazines qui le rendirent si familier, ceci et l'identification systématique avec son réalisateur le plus usuel, Liberatore qui, dessinant d'autres œuvres et notamment une pochette de Frank Zappa, donnait malgré tout l'impression de représenter Ranx et le monde fluo-désespéré dans lequel il évolue.

Ce constat mène à un autre : on connaît assez mal le personnage et son histoire, et les quatre chapitres de cette intégrale, reprenant soit une époque, soit un album de Ranx vont nous aider en cela. Le premier chapitre regroupe donc les publications en noir et blanc de l'époque ou Tamburini était le dessinateur, publiant les aventures du robot dans Frigidaire. Les trois autres sont les albums dessinés par Liberatore : RanXerox à New-York, Bon anniversaire Lubna et Amen ! Faire un résumé s'avère en réalité totalement superflu tant les histoires sont construites sur le même modèle : Ranx, champion mécanique de la "fuck you attitude", ne va d'un point A à un point B que pour les fesses de Lubna, adolescente junkie et vulgaire, pour laquelle il est prêt à tout, suite à un court-circuit provoqué dans la première histoire. Sortie de cette v... à Liberatore,
... à Liberatore,
ersion punk de la belle et la bête, il y a assez peu de fond.  Ainsi, en variant sur ce modèle, les auteurs (dont Alain Chabat pour Amen !) aménagent des petites bribes d'histoires sans grande importance, dont le seul but est de mettre en avant le comportement cathartique de ce héros qui, bien que manifestant des sentiments, casse la gueule, butte, arrache le zob, tort la colonne vertébrale ou énuclée tous ceux qui le gonflent un tant soit peu ou possèdent ce dont il a besoin, passages que le talent de Liberatore transforme parfois en envies de vomir.

On est pourtant sensible à ce désespoir qui ressort de l'ensemble de l'œuvre, travail d'un créateur témoin d'une époque et d'une société qui, sous couvert de progrès et d'avancée démocratique, n'en reste pas moins le ... l'esprit demeure.
... l'esprit demeure.
théâtre de violences inouïes. Car le monde de Liberatore est le produit d'une violence sociale, transpirant de son esthétisme même, dans lequel s'exprime la violence physique d'une machine qui, fabriquée à partir d'un photocopieur, ne peut que tenter de reproduire les sentiments humains. Ce faisant, il en dévoile principalement les imperfections et ne trouve sa sincérité que dans l'expression brutale de son caractère, alors en parfaite harmonie avec le monde qui l'entoure. De prime abord amusante, cette philosophie ultra-punk, désespérée et charcutière finit par pousser les lecteurs à qui il reste un peu d'âme à vouloir le bien du plus grand nombre et considérer la plantation de marguerites comme une alternative professionnelle sensée. Bref, tout ce qu'il est possible de faire en tant qu'individu pour empêcher qu'un jour Liberatore soit considéré comme un visionnaire.

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