6.5/10Radada la méchante sorcière

/ Critique - écrit par riffhifi, le 12/06/2010
Notre verdict : 6.5/10 - Rue crocrotte (Ecrivez votre critique)

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Alternative gentiment trash de la Mélusine de Clarke et Gilson, la Radada de Gaudelette et Sauger nage essentiellement dans un comique de répétition à base de relations sexuelles incongrues.

Après quelques années passées à travailler dans la pub pour se nourrir, Michel Gaudelette fait son entrée chez Fluide Glacial au début des années 90. Son héroïne s'appelle Radada, et constitue une sorte d'alternative fluide-glacialesque à
la Mélusine animée par Clarke et Gilson dans le Journal de Spirou. Avec l'aide au scénario du dénommé Sauger (inconnu au bataillon par ailleurs), Gaudelette fait de sa sorcière une horrible mégère assistée d'un ptésosaure (cherchez pas, ça n'existe pas dans la vraie vie - pas même dans la vraie vie préhistorique) aussi benêt que lubrique. Les trois tomes parus entre 1994 et 1996 ont été compilés dans une intégrale en 2004, qui ressort cette année dans le cadre de la collection "Little Big Collec' série or" ; aucune nouveauté en terme de contenu, mais un format sympa (petit sans être microscopique) et un prix carrément amical (14 euros). Les autres titres qui étrennent cette formule sont Bill Baroud (Larcenet), Mammouth et Piston (Coyote), Frank Margerin présente, Y a d'la poisse (Edika) et Aimé Lacapelle (Jean-Yves Ferri).

Si l'artiste partage avec Clarke un trait élégant et maîtrisé, son personnage est résolument aux antipodes de l'accorte nymphette étudiante en sorcellerie : repoussante et dotée d'un caractère massacrant, elle vit dans un marais putride depuis lequel elle ourdit de sombres expéditions punitives contre sa petite sœur Mélusine (tiens donc), qui la rend malade de jalousie. A vrai dire, on peine à voir ce qui peut bien susciter l'envie chez cette sœur rigoureusement identique à son aînée : vilaine, vulgaire, vénale, vindicative et autres adjectifs en « v », elle ne diffère de Radada que par son costume et sa fonction de fée. Elle ne semble pas même bénéficier d'une plus grande réussite professionnelle, puisque toutes deux sont sollicitées régulièrement par les villageois pour le même type de tâche. En l'absence de réel enjeu dramatique, Gaudelette et Sauger se rabattent sur le lâcher de gags : misant sur un comique de répétition apparenté à celui de Larcenet (celui-
ci rejoint Fluide en 1994, et sera un complice régulier de Gaudelette) et empruntant à Pifou sa rhétorique du « glop-glop - pas glop » (déclinée sous forme « Gromf - Pas gromf », « Clôck - Pas clôck »...), ils affectionnent particulièrement les viols inter-espèces : humain-génisse, ptésosaure-chien, extraterrestre-cochon... Malgré l'enthousiasme manifeste avec lequel chacune de ces copulations est représentée (souvent de façon hilarante), on peut trouver que l'humour a tendance à tourner en rond, la plupart des idées étant utilisées au moins deux fois au cours des trois albums.

Amusante parodie des contes de fée, Radada la méchante sorcière pèche un peu par feignantise, préférant cultiver la cruauté cocasse (dégustation de bébés par Francis le ptésosaure, violence régulière et multiforme envers les poules...) et l'humour primaire mais efficace. Morceaux choisis :
Tome 1 (épisode Asphalte jungle) : « Au bûcher la sorcière !! - Haalte ! - Allez, Francis, on rentre à la maison ! - Gromf ! - Gnap ! - SHAZAM ! »
Tome 2 (épisode Le restau) : « Place ! Place ! - Burp - PA-PAA - Brop hic beuh - WAAH - Ouerk »
Tome 3 (épisode Le fiancé de Radada) : « Arf arf - WAUGH (dig dig dig dig dig dig dig) PAS GROMF ! »

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