6.5/10Pythons - Tome 2

/ Critique - écrit par riffhifi, le 22/06/2008
Notre verdict : 6.5/10 - Pour qui sont ces pythons qui persiflent sur vos épithètes ? (Ecrivez votre critique)

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Avec ses graphismes un peu hâtifs mais pas désagréables, Pythons instaure une ambiance sombre et intéressante, qui sauve un récit un peu confus et parfumé au déjà-vu.

Gabriel Delmas est un des piliers des éditions Carabas. Capable de louvoyer entre l'expérimental le plus abscons (Ils sont parmi nous) et les séries plus accessibles mais destroy comme le post-apocalypique Gunman, il livre avec Pythons un récit d'aventures mythologique, à la frontière de l'heroic fantasy. Publiés dans la collection Epic, qui souffre d'un format très court (32 pages) un peu frustrant pour le type d'histoires qu'elle aborde, les deux tomes appellent une suite à coup de mystère patiemment construit...

On sera bien en peine de résumer l'histoire, aussi confuse que complexe. Qu'il vous suffise de savoir que le héros est un blondinet fils de berger nommé Guilhem,
et que « le Python » est une créature mythique apparentée à un dragon, qui terrorise les braves gens conformément à son intitulé de poste.

Ce qui frappe, dès le feuilletage de Pythons, c'est le fond noir employé là où la plupart des bandes dessinées optent pour un fond blanc par défaut. Le procédé est rarement employé, et rappelle la série animée Batman des années 90, dont les dessins étaient eux aussi effectués sur des planches noires. D'emblée, le ton est sombre et oppressant. Le dessin de Joseph Lacroix, sec et anguleux (souvent même un peu hâtif), va lui aussi dans le sens d'une ambiance lourde, loin des chevauchées exaltantes et de l'esprit bon enfant souvent associés aux histoires d'aventures. Ici, on a plutôt tendance à déprimer, d'autant que les ennemis à venir sont des morts-vivants squelettiques moins rigolos que ceux de Jason et les argonautes. En parlant de guerriers squelettes, on appréciera la présence en fin de volume des quelques pages de bonus en noir et blanc, qui prolongent l'histoire intelligemment ; le même espace, dans les Factory de Yacine Elghorri, est consacré à de l'auto-promo dont on se passerait volontiers.


Intéressant mais pas forcément passionnant ni très clair, Pythons séduira surtout les amateurs d'ambiance sordide en milieu pseudo-mythologique. Les personnages principaux sont trop absents pour susciter une réelle empathie, et l'affrontement que l'on imagine être le moteur du récit se fait attendre ; on se console à l'aide de quelques visions saisissantes, et on se dit que, décidément, les cinq pages de bonus en fin d'album en sont le meilleur morceau ! Pourquoi ne pas faire le tome 3 entièrement en noir et blanc ? Avec des squelettes ? Il suffira de glisser un ou deux pythons dans les coins pour justifier le titre...

On me souffle d'ailleurs que « squelette » est le surnom de la partenaire de Mulder dans X-files. Mais comme on me souffle une haleine de whisky dans cette même phrase, nous n'y prêterons pas attention.

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