6/10Princesse Sara - Tome 2 - La princesse déchue

/ Critique - écrit par athanagor, le 21/08/2010
Notre verdict : 6/10 - a.k.a. Miss Aspot (Ecrivez votre critique)

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Tome 2 de cette adaptation de l'histoire victorienne la plus populaire auprès des jeunes filles, cet album respecte ses engagements, sans plus.

Papa est mort, vive papa ! C'est du moins ce que cette petite peste de Lavinia (ndlr : le mot « peste » remplace une série de symboles, illisibles autrement) doit se dire, le soir en s'allongeant dans son bain de sang de chiots, ou d'autres petits animaux que n'importe qui d'autre prendrait plaisir à caresser. Et Sara, la gentille, douce et belle héritière de cette poignée de vent n'est plus la plus belle en cette demeure. Dorénavant, elle devra briquer, laver, servir et se prendre des torgnoles des matines aux complies, et avec le sourire s'il vous plaît.  Evidemment, cette pas-belle de Lavinia (ndlr : idem pour « pas-belle ») est en fait une petite fille malheureuse, délaissée par ses parents et qui méritera sûrement plus tard la magnanimité de Sara, qui est décidemment prête à avaler des tonnes de couleuvres. Libre au lecteur, malgré tout, de lui garder un chien de sa chienne et de lui en
coller une en la croisant dans la rue. Il pensera d'ailleurs à en faire de même pour cette vielle mocheté de Mme Minchin, qui ferait pas mal de recommander son âme à Dieu tant qu'elle a encore le temps de penser à autre chose qu'à des vilenies.

Bien sûr, Sara finira par les pardonner, là où n'importe qui d'autre viserait le genou. Et c'est ce qui fait la grandeur d'âme, irréaliste, de ce personnage victorien qu'on ne peut qu'admirer. D'une noblesse d'âme sans fond, qui, du jour au lendemain, et à son plus jeune âge, encaisse la mort de son père, la perte de tous ses biens matériels et de sa position, pour devenir une soubrette malmenée, elle garde ses bonnes manières. Pas étonnant que ce personnage de Frances Hodgson Burnett ait suscité tant d'engouement, que se soit sous sa forme littéraire ou animée, car elle est la preuve qu'un bienfait est toujours récompensé, et que la plupart des gens qui sont riches et heureux, le sont car leur âme est pure. Mouais... pour ce dernier passage, on en rediscutera. Reste que la petite-fille fait mouche à chaque fois, et que cette mise à jour par Alwett suscite une égale adhésion. Mais il faut y voir avant tout l'effet du personnage.

Malgré l'immense respect qui commence à naître pour cette jeune auteure, on saura ici le nuancer, car, à part le travail de mise en scène et l'insertion d'automate intelligent dans le cadre historique (qui reste celui de la fin du 19e siècle, comme en atteste la référence à l'exposition universelle de Paris et la présentation de la tour Eiffel au monde), l'ensemble ne propose pas beaucoup de neuf, et cet album est plus le fruit d'un travail d'illustratrice, propre mais pas bouleversant.

Toutefois, ne soyons pas trop dur, car cela reste une adaptation honnête de cette histoire édifiante, adaptation destinée à faire connaître ce classique de la littérature romanesque à un jeune public qui n'a pas l'âge de l'avoir découvert, à chaudes larmes, sous sa forme japonaise. Et en ce sens, le contrat semble rempli.

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