5/10Princesse Sara - Tome 1 - Pour une mine de diamants

/ Critique - écrit par athanagor, le 29/10/2009
Notre verdict : 5/10 - Non ! Juste Sara… connard ! (Ecrivez votre critique)

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Deuxième parution de la collection Blackberry et toujours par Audrey Alwett, cette reprise des aventures de la petite fille riche qui deviendra pauvre (puis riche), sent un peu la nostalgie facile.

Deuxième parution de la série 100% filles des éditions Soleil, cet ouvrage reprend à la sauce steampunk-mild les aventures d'une malheureuse héritière, dont une première version en animé fit déjà sangloter ou trépigner de fureur les jeunes adolescentes des années 90. Réembauchant Audrey Alwett, directrice de la collection, comme scénariste, le réel intérêt de cette BD réside essentiellement dans l'illustration de Moretti et Boccato. Non qu'il faille renier à Audrey Alwett un vrai talent de conteuse, mais en l'espèce, on se contente de réadapter l'histoire de Frances Hodgson Burnett en format dessiné. Au final, n'était l'introduction des d'automates (dont le papa Crewe possède l'usine leader du marché, d'où sa richesse) et la suppression du "h" à la fin du prénom, on se retrouverait peu ou proue avec la même histoire de petite fille riche au grand cœur, qui devra affronter l'adversité le front haut, sans jamais se départir de sa noblesse de cœur, réelle preuve de sa valeur
et justification de sa fortune passée et future. En d'autres termes, l'explication de ce qu'est la noblesse d'épée pour les dames.

L'illustration, très colorée et très fleurie, dans ce ton manga qui singularise de plus en plus les auteurs italiens (à l'instar d'Antonello Dalena), nous emporte avec facilité et bonne humeur dans cette première partie du roman, où tout se passe pour le mieux autour de la petite Sara, alors que son papounet qui vient de mettre toutes ses billes dans le même panier, meurt de fièvres en Inde. La présentation des personnages respecte dans leurs traits, l'insinuation de caractères détestables qui feront de Sara la pauvre petite orpheline martyrisée par des méchantes filles riches, qui ne justifient même pas leur noblesse et leur fortune par la douceur à laquelle celles-ci devraient les astreindre. Dans des tons pastel et une ambiance très féminine, le dessin passe donc bien et entraîne l'histoire avec conviction sur les rails du destin de cette pauvre fille. Advient alors ce qui doit arriver dans ce cas-là, du moins pour les lecteurs doués de cœur, on se prend à espérer que la jolie jeune fille, riche, intelligente, adorable et mignonne comme c'est pas permis, ne souffre pas du destin auquel on la sait promise. Comme si notre connaissance de l'histoire n'était que le fruit d'un mauvais rêve et qu'au final le gros bateau ne percute pas l'iceberg. On se surprend donc à faire complètement abstraction des préceptes égalitaires qui trouveraient insensés qu'une gamine ait autant de pognon et on
sort son chéquier, pour l'aider, rien qu'un peu, en prévision des tourmentes qui l'attendent. Car au final, la pure jeune fille ignore sa richesse, n'ayant pas de point de comparaison, et, estimant que son papa lui offre trop de choses pour son âge et ne supportant pas ce surnom de « princesse » que lui donnent ses camarades, ne se destine pas à un avenir de fatueuse truie capitaliste. Quand en plus on se remémore que sa mère est morte à sa naissance, on se met alors à lui murmurer, oubliant qu'il ne s'agit que d'une BD inanimée et encouragé par le type futuriste du dessin, de filer s'acheter un rayon laser pour carboniser les poils de fesse de cette saleté de Lavinia.

On est donc porté dans cette histoire, mais quoi de plus prévisible avec ce classique de la littérature. En effet, si le tout passe bien, c'est en grande partie grâce au matériau d'origine, auquel l'adaptation, quelle que soit la qualité de l'illustration, n'apporte que peu de choses. Un avis modéré, donc, pour ce qui semble avoir été un choix de facilité ou un travail à destination de très jeunes filles, qui n'ont pas déjà connues le dessin animé ou le livre. Avis d'autant plus modéré par la conviction que le trio d'auteures saurait faire bien mieux sur un produit original.

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