7.5/10Prince Lao - Tome 2 - L'arbre de Jabadao

/ Critique - écrit , le 09/05/2007
Notre verdict : 7.5/10 - Gentil orphelin écolo (Ecrivez votre critique)

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Prince Lao est une bande dessinée honnête et sincère, très accessible pour les enfants. Le tome deux marque bien les objectifs que s'est fixé Gauckler à travers cette série.

Qui n'a pas rêvé un jour de devenir orphelin ? Où avec un nombrilisme masochiste, vous auriez vécu les plus belles aventures pour panser les blessures non visibles de votre tragédie familiale. Fidèle au us et coutûmes, Prince Lao s'élance dans cette voie surexploitée pour évoluer dans un univers préservé et enchanteur.


Ne devant se fier qu'à lui-même suite à une avalanche ayant décimé toute sa tribu, Lao trouve une figure paternelle de substitution sous la forme de Chabala. Un légendaire Yéti maître des cimes et gardien en peluche des secrets de Mère Nature. Grâce à lui, Lao aura le privilège de disposer d'un pouvoir unique : celui de parler aux animaux. Dévalant les pentes enneigées tel le petit Tarzan de Disney surfant sur la mousse des arbres, Lao vit paisiblement avec ses congénères à poils et à plumes. Shepa suricate étourdie et maigre comme un fil, Sheyen l'incroyable léopard des neiges et Mirro l'oiseau géant constituent sa garde rapprochée et ses amis. Mais la quiétude prend fin rapidement et toute cette troupe est appelée à suivre son lot d'histoires incroyables, parsemé de rencontres inoubliables. Ainsi, après avoir affronté l'impitoyable chasseur Keyen, rencontré la douce humaine Amala et le sage Pok sur l'île au Loups, Lao se retrouve plongé au coeur de la jungle dans ce second volet. Suite à l'orchestration du sauvetage des animaux emprisonnés par le braconnier, et la libération ses compagnons de jeu, Lao, Chabala, Shepa, Amala et Pok fuient par les airs mais se retrouvent piégés par un violent orage. L'avion se crache dans un marais. Lao et ses amis marchent jusqu'à la découverte d'un arbre millénaire où réside un peuple d'humains. Mais une bien étrange malédiction semble s'être emparée de ses racines. Pour continuer sa route, Lao devra découvrir le secret pétrifiant l'arbre de Jabadao.


C'est avec douceur que Philippe Gauckler nous emporte dans le monde du petit prince himalayen. Pourtant, l'homme avait évolué à la base dans un tout autre registre, celui de la science fiction. Auteur ayant aiguisé ses crayons dans le défunt magazine Métal Hurlant, Gauckler travaille dans la publicité avant de donner un nouveau souffle à sa carrière, en imaginant entre autre Prince Lao. Des récits enchanteurs par leurs simplicités et l'innocence omniprésente, le papa de l'orphelin (quelle bien étrange expression !) crayonne son personnage sous le thème majeur de l'universalité. Tel est le mot que qui pourrait le mieux qualifier ce petit être plein de vie. Lao rassemble. Que ce soit les hommes, créatures légendaires ou animaux, qu'importe la région du globe. A la différence de Yakari, Gauckler impose l'intemporalité dans la construction de son histoire. Malgré les rituels ancestraux, la technologie rôde et peut s'avérer parfois être menaçante. La nature doit alors faire face à l'implacable désir de domination égarant l'esprit des hommes. Pour lutter contre cette menace, les peuples se rassemblent, les barrières culturelles tombent et Lao en ressort plus fort.

Le récit de Prince Lao s'addresse prioritairement aux enfants, destiné ainsi à sensibiliser dès le plus jeune âge. L'auteur ne semble pourtant pas imaginer son intrigue sur un support papier. Il est courant de voir Lao se demander ce qu'est en train de faire un autre personnage non présent à ses côtés afin de transiter vers la scène suivante. Une interlude annoncée changeant de la case habituelle ou il y aura inscrit l'éternel encadré « Non loin de là... ». Certains passages sont peut-être excessivement spontanés par rapport à la situation. Est-ce une volonté de Philippe Gauckler ou bien une nécessité de condenser une histoire riche en rebondissements ? Prince Lao amène en effet de nombreux éléments au fil des pages. Malgré ses aventures, Derib cherche davantage à présenter un récit insouciant et contemplatif avec Yakari, Gauckler se focalise davantage sur l'action.

Graphiquement, le dessin est simple, fonctionne par les lignes claires. La coloration utilise des couleurs douces, rarement agressives, et mettant de côté tout effet inutile rajouté par ordinateur. Le découpage est le plus souvent bien effectué mais il arrive que la décomposition de la gestuelle soit retranscrite un peu brutalement. Mais ces détails ne sont pas catastrophiques en soit. De tome en tome, l'auteur va certainement acquérir de plus en plus d'aisance, aussi bien sur le plan scénaristique que graphique.


Prince Lao est une bande dessinée honnête et sincère, très accessible pour les enfants. Le tome deux marque bien les objectifs que s'est fixé Gauckler à travers cette série. Mettre en scène un héros facilement identifiable pour sensibiliser nos têtes blondes afin que les monts blancs ne deviennent pas, à terme, une rêverie sur papier.

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