8/10Poussin Bleu - L'armure d'or

/ Critique - écrit par Maixent, le 24/11/2018
Notre verdict : 8/10 - Il faut se méfier du poussin qui dort (Ecrivez votre critique)

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Adepte de la bande dessinée d' héroïc-fantasy décalée, Monsieur le Chien avait déjà fait ses preuves avec l'excellent Féréüs le Fléau. On y retrouvait son esprit corrosif et caustique présent dans ses fausses (on l'espère pour lui) auto-biographies où la aussi des éléments du folklore chevaleresque étaient utilisés comme des walkyries. Avec Poussin-Bleu, on rentre une fois de plus dans l'absurde et l'humour si reconnaissable de l'auteur, fait de pathétique et de noirceur, à commencer par le choix de son personnage principal.


Le problème avec le super pouvoir de la salive acide

 

Poussin-Bleu, créature fragile et naïve est choisi par la déesse des animaux pour la représenter lors de la grande compétition où sept champions vont s'affronter pour déterminer le nouveau Roi des dieux rouges. Un choix a priori discutable vu les capacités de combat et de réflexion du volatile, plus que limitées. En effet, si ce n'est sa couleur et son goût pour les armures, il ne s'agit que d'un bête oiseau et le don qu'il a reçu de la déesse, de manière aléatoire, comme les autres champions, ne semble pas d'une grande aide pour sa quête. Poussin-Bleu a maintenant le don des langues mais est ce bien utile face à la force brute de Drouz, champion de la déesse de la guerre ou Arek, champion de la déesse de l'Amour ayant hérité du don de salive acide (ce qui est tout de même problématique pour embrasser ses conquêtes dont le visage se désagrége mais ce n'est qu'un détail) ?
L'Aventure. La Vraie.

 

Aidé de son fidèle destrier, Rocco, le cochon le plus rapide du monde, et puisqu'il faut bien commencer quelque part, Poussin-Bleu s'en va confiant sur les routes à la recherche d'un vieux, parce que les vieux ça sait des choses quand ça s'en souvient d'où son combat contre les loups géants. Oui, ce n'est pas très clair dit comme ça mais Drouz a tué une licorne et Drübl a disparu dans la brise marine parce qu'il n'a rien compris à son pouvoir, alors moi je fais ce que je peux hein ! Et puis y a peut être que Monsieur le Chien qui sait raconter parce que faire de la bd c'est un métier monsieur ! Tout à fait.


On avait dit pas les licornes!

 

Bref, on s'égare mais au final c'est un très bon album. Avec cet humour décalé jusqu'à l'extrême, sur un fond faussement foutraque et des blagues à la limite du pas drôle qui n'en ont que plus de saveur. Ce genre de blagues d'une simplicité confondante qui approchent la grâce et la poésie, rappelant par moments l'absurdité touchante et grotesque des personnages de Larcenet. Le tout avec un sens de la narration d'une efficacité redoutable et des dialogues millimétrés car l'humour c'est comme la pâtisserie, un mauvais dosage et on se retrouve avec un moelleux au chocolat aussi dur que du carton.

Ce premier tome est donc une réussite à tous les niveaux. Drôle, touchant, épique. Tout ça en même temps. Un nouveau héros est né, peu puissant, avec un nom débile, même pas d'armure. On entendra parler de lui pour des siècles et des siècles si personne ne lui marche dessus sans faire exprès...

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